samedi 21 mai 2011

Le temps passe si vite ...

Le piège de Crozet, c’est d’être en dehors du temps. Ainsi, les jours défilent sans que nous nous en rendions compte. Plus de huit mois que les premiers membres de la 48e mission ont posé le pied sur le caillou ! Et depuis notre mission n’a cessé de changer. Vingt trois personnes en plus entre novembre et décembre, quelques unes et en plus en moins en décembre, puis de nouvelles têtes en janvier pour arriver au grand va-et-vient de mars dernier et au départ de tous les campagnards et des quatre contractuels TAAF qui nous accompagnaient depuis août dernier. Le départ du Marion Dufresne le 12 mars dernier a sonné le début de l’hivernage. Nous ne sommes plus désormais que 22.

Quelques images de ces quelques mois sur base …

Le temps s'améliore et le temps est venu d'allumer le premier barbecue le long de la VieCom, sous la conduite de Vincent, le chef de garage, et d'Hervé, dit Vévé; le chef centrale.
En octobre, soirée Halloween. Quelques efforts louables dans les déguisements !

Une serre désaffectée ... et vive la pétanque ! Lieu de convivialité propice aux apéritifs et déjeuners sympathiques. En plus on y "cuit" très vite ... Un peu de soleil et ce sont les tropiques à Crozet !

Avec novembre arrive notre première cérémonie militaire et les premières interrogations existentielles : fermera la veste ou pas ? La 11 novembre 2010 à 8h00 du matin, juste avant l'arrivée du Marion Dufresne et le début des opérations logistique d'OP3/2010, une cérémonie sobre avec une météo plutôt clémente.


Et pour cette OP un peu particulière, c'est l'heure de la relève pour les VCAT et la Bibcro, tout le monde s'est mis sur son 31. Et oui, même pas peur !

Mais une OP c'est surtout du boulot pour les services techniques et pour l'appro qui pilote le déchargement et emport des caisses. C'en est aussi pour l'équipe "Infra", à commencer par son chef Nicolas ... Faut pousser l'éléphant de mer pour récupérer la portière ... qu'il faut ensuite tirer sur la plage pour la décharger.

Pendant ce temps là sur base, l'accueil des arrivants s'organise autour de la DZ (Drop Zone, aire d'arrivée de l'hélicoptère) où de sympathiques playmobiles oranges attendent de pieds fermes.

Et il en arrive du monde à cette OP3 ... de 22 personnes nous passons à 45 pendant un mois. Entre anciens hivernants, nouveaux hivernants et campagnards d'été fraîchement débarqués, ça donne une jolie photo de groupe, la première !

Voici déjà décembre 2010 ; Alfred Faure a accueilli le patrouilleur maritime Osiris et OP4 succède à OP3 avec sa valse d'arrivées et de départs ; déjà Noël s'annonce ... Même au milieu des quarantièmes rugissants, le père Noël a trouvé le chemin pour amener à chacun un petit cadeau. C'est accompagné de ses lutins et d'un duo de mères Noël de choc qu'il a procédé à la distribution avec sa bonhomie habituelle.

Avant que ne s'achève l'année la frégate de surveillance Nivôse et son équipage sont venus nous rendre visite bien trop courte. Après l'épreuve du zodiac, il y a l'épreuve de l'échelle, vertige et houle, pour les courageux volontaires de la base prêts à tout pour visiter le bord. Ca se mérite un déjeuner à bord. Pendant ce temps une partie de l'équipage a pu découvrir les merveilles de la baie du Marin et tout le charme de la base et de ses occupants.

Mais il est déjà temps d'enterrer l'année 2010. Le réveillon du nouvel an se fera sous le signe du déguisement. Autorisé, tout ce qui commence par la lettre R. Résultat dans le désordre : un révolutionnaire, un randonneur, un rasta, deux rockers, un royal manchot, une râpe à fromage (si, c'est possible), un rabbi jacob, un ramoneur, une rambo, un rakkam le rouge, une raie, un rahan, un repris de justesse, une rugbyman, un roi et une reine du bal, un récit en court de création et un même rantanplan à la recherche des Dalton ....

Voilà, les dernières semaines de 2010 .... Mais pendant ce temps là, que se passait-il à la plage ?

Dans un bel élan nos manchots royaux et autres éléphants de mer sont venus en masse continuer le cycle immuable de la vie. Notre plage de la Baie du Marin, presque déserte à notre arrivée, s'est vue envahie progressivement. Objectif : muer pour les uns, se reproduire pour les autres.






lundi 27 septembre 2010

9 Septembre 2010 - Début des exercices


La mission s’installe au fil des jours. Toutes les saisons se succèdent depuis notre arrivée, souvent dans la même journée, avec une lumière étonnante sur l’Ile de l’Est qui ne cesse de jouer à cache-cache. Kundera a écrit « Que pouvons nous demander de plus que d’être heureux un instant ? ». Un conseil, passez par Crozet …

Pas vraiment le temps de souffler cependant. Le Marion Dufresne à peine parti, l’Ile Bourbon s’est annoncé, au matin du 31 août, aux portes de la baie du Marin pour une escale médicale rapide, heureusement sans gravité. L’occasion de rappeler, si besoin était, la nécessité de former tous les arrivants à la sécurité et aux soins médicaux de base. Sylvie, la bibcro, a délégué à Vincent, notre chef de garage, qui est moniteur premier secours, la formation qui manquait à certaines personnes, et s’est lancée dans l’organisation du premier exercice de brancardage de la 48e mission :


Nous nous sommes retrouvés dans le bâtiment de la Vie-Com. Le but était que chacun soit initié, revoit ou améliore les techniques de relevage, dépose et brancardage de victime.

Après avoir écouté la théorie expliquant les raisons des différentes prises, chacun s’est prêté, avec sérieux et enthousiasme, au jeu de la victime ou du sauveteur afin de percevoir les difficultés et la faisabilité des gestes.


Après divers exercices, toujours à la VieCom, la séance s’est terminée par un brancardage simple de victime avec 4 sauveteurs entre la Vie-Com et l’Hôpital.


































Le but était d’appréhender les difficultés qui pouvaient être rencontrées : couloir étroit, virage, ouverture de portes, escaliers et arrivée dans la salle de soins de l’hôpital. Les difficultés repérées ont été surmontées par des actions simples et validées dans l’instant. Un crochet ou dispositif similaire, pour maintenir ouverte la porte intérieure du sas de l’hôpital, sera installé.

L’exercice s’est terminé à 12 h 20 dans la bonne humeur, notre victime du jour, Nico, le chef infra, s’étant relevé dans une forme éblouissante.

lundi 13 septembre 2010

OP 2 - 25/29 août 2010 - V'là la 48e


Si septembre est synonyme d'impôts pour la majorité des Français, le mois d’août, dans les terres australes, est synonyme de … RELEVE ! Et le temps est venu pour la 47e mission d’accueillir la 48e mission et de regagner le Marion Dufresne sous les adieux de leurs successeurs et les larmes des bidous pour lesquels l’heure de la relève n’est pas encore arrivée. Un an de découverte, d’émotions et de moments partagés qui s’achève pour les uns et qui commence pour les autres.








Crozet, fidèle à elle-même, a réservé un accueil frileux aux nouveaux arrivants. La neige en ce petit matin du 25 août 2010 s’accroche encore aux sommets et aux pentes de l’île que l’on découvre au petit jour tandis que le vent s’acharne de plus belle sur des cimes déjà pelées.
Elle se mérite cette île !









Traditionnellement, la première rotation de l’hélicoptère est consacrée à l’acheminement sur la base Alfred Faure du courrier et du nouveau discro.

(Photo : Tanguy)
Au fur et à mesure des rotations, la 48e arrive sur base, accueillie par une boisson chaude et des viennoiseries réconfortantes.

Chacun rejoint son binôme pour le début de la passation de consignes et, le 26 au soir, l’écharpe tricolore et la clef du district sont remises par Sylvain, chef de district de la 47e mission à Marianne, chef de district de la 48e mission qui pose pour la postérité sous la présidence de Sébastien Mourot, représentant officiel du préfet.


(photos : Camille)
La 48e mission est désormais officiellement aux commandes et les opérations se poursuivent, après divers soucis météorologiques ou techniques, jusqu’au dimanche 29 août.

Les slings se déroulent en coordination avec l’OPEA, sous le pilotage d’Aurore(appro) qui a pris les affaires en mains, et sous la surveillance bienveillante d’Hervé, prêt à intervenir si nécessaire.

Charger, décharger, ranger … le garage devient le lieu de rassemblement de ce dimanche matin.













Le brouillard se referme sur Alfred Faure en fin de matinée et c’est sans bruit que le Marion Dufresne s’éloigne.
Enfin chez nous !