jeudi 16 janvier 2020

L’équipe Infra


Entrée de ''Casto'', le local Infra
L'équipe ‘‘Infra’’ (pour infrastructures) est en charge de l’entretien et de la réhabilitation de toutes les infrastructures de la base Alfred Faure. Elle est composée de trois à cinq personnes à Crozet, généralement originaires de La Réunion où se trouve le siège des TAAF. La taille de l’équipe varie en fonction des saisons et des chantiers prévus sur l’année. En ce moment, depuis fin août et jusqu’à fin mars, il y a cinq infras sur le district de Crozet, travaillant sous la responsabilité du Chef Infra dont Jérôme et Jean-Louis qui vont nous en dire plus sur leur mission ici. 

Quelle est votre spécialité et est-ce votre premier séjour dans les TAAF ?
Jérôme : Je suis ouvrier polyvalent et grutier. C’est mon deuxième séjour dans les TAAF, les deux fois sur l’archipel Crozet. Mon premier séjour était entre août 2018 et mars 2019, 5 mois se sont écoulés entre mes deux séjours.
Jean-Louis : Je suis chef d’équipe TP. C’est mon premier séjour dans les TAAF.

 

Jérôme, est-ce qu’un hivernage est différent d’une année sur l’autre ?
Oui ça change, chaque mission est différente, selon les gens qui la constituent.

Jean-Louis, est-ce que cela ressemble à ce que tu imaginais ? 
Oui ça ressemble à ce que j’avais imaginé, à part à quel point nous sommes tributaires de la météo pour la programmation de notre travail.

Quel est votre travail au quotidien ?
Remise en peinture des balises
Jérôme : Tous les travaux d’infrastructures, BTP, sur la base. Le travail change beaucoup, chaque jour est différent selon les chantiers prévus. Il y a beaucoup de travaux de maintenance tels que le nettoyage des caniveaux, la réfection d’un radier, le changement de portes ou de fenêtres. Et cette fois-ci, beaucoup de conduite d’engins. 
Jean-Louis : Comme le dit Jérôme, aucune journée ne se ressemble, j’apprécie beaucoup qu’il n’y ait pas de routine. Il faut s’adapter, on décide en fonction de la météo si on va travailler à l’intérieur ou à l’extérieur. En ce moment, on travaille sur le chantier d’assainissement pour la base. 

Rénovation du radier des locaux scientifiques de la Baie du Marin

Quelles sont les particularités du travail à Crozet ?
Jean-Louis : Une des particularités est que l’on vit là où on travaille, il n’y a pas de transport pour se rendre à son travail le matin, pas d’embouteillages. Comme nous sommes une petite équipe, il faut aussi être un peu touche-à-tout mais ce qui est bien c’est que quand on ne sait pas, il y a toujours quelqu’un pour aider, montrer. Mais sinon, la spécificité la plus forte est l’impact de la météo sur le travail et surtout du vent qui le rend parfois plus difficile.

Réfection d'un panneau cassé pendant une tempête
En dehors de votre travail, comment vous occupez-vous ?
Jean-Louis : Je regarde des films, je fais du sport, je fais des barbecues de temps en temps pour tout le monde et sinon, du babyfoot ou de la pétanque. Je suis un peu sorti pour découvrir l’île avec des manips à la journée, à la Crique de Chaloupe notamment. Et dans quelques jours, je vais partir découvrir la Baie américaine.



Jérôme : Je vais sur internet, je regarde des films, je vais un peu en salle de sport. Et je marche souvent, vers la Baie du Marin et le Mont Branca derrière la base. Comme c’est mon deuxième hivernage à Crozet, je sors un peu moins que la fois précédente où j’étais beaucoup parti en manip, avais vu la plupart de l’île ce qui m’avait fait ressentir à quel point c’est le bout du monde ici. Mais je continue d’accompagner des scientifiques pour des sorties à la journée.

A deux mois de la fin de votre séjour ici, que retiendrez-vous de cette expérience ?
Jean-Louis : Pour moi, c’est une superbe expérience. Je voulais voir les Terres Australes, pour l’instant j’ai vu Crozet mais le trajet de retour avec le Marion Dufresne me permettra de voir aussi les îles Kerguelen et l’île d’Amsterdam. La proximité des animaux, les paysages, la forte présence de la nature autour de nous avec des conditions météo difficiles qui changent tout le temps rendent cette expérience très particulière.
Jérôme : Ce qui me marque ici, c’est l’expérience humaine, on est jamais tout seul, que ce soit pour le travail ou le reste du temps, on est toujours entouré, c’est agréable. C’est une vie tranquille, qui manque parfois un peu de possibilités de loisirs par contre.

L'équipe Infra au complet (de gauche à droite) : Ludovic, Jérôme, Jean-Louis, Romain, Christophe et Jean-François

Et pour finir, un focus sur les travaux d’assainissement en cours sur la base, avec Romain, le chef Infra :

En quoi consiste ce chantier ? 
Il s’agit d’améliorer le système d’assainissement de la base en y ajoutant un système de filtration des eaux que l’on rejette. C’est un gros chantier pour l’équipe Infra, cela va prendre environ deux mois si les conditions météo nous permettent d’avancer comme prévu. C’est un chantier qui va également impliquer le plombier de la base pour tout ce qui concerne les raccordements entre les fosses septiques et le nouveau système d’assainissement. 

Pourquoi cela représente-t-il une amélioration ?
Ce chantier répond aux améliorations des infrastructures des bases identifiées par le second plan de gestion de la Réserve Naturelle (2018-2027), la base Alfred Faure étant intégrée au périmètre de la Réserve naturelle. En effet, la mise en place de ce nouveau système va permettre de réduire notre impact environnemental via un meilleur traitement des eaux usées rejetées et de limiter la prolifération de plantes introduites se nourrissant des eaux de rejet non filtrées dans les zones d’épandage.
                                              Photos de R. Giquel et A. Dupont

mercredi 8 janvier 2020

Concours photo

Dans la cadre de la réédition de cartes postales pour les Terres Australes, un concours photo a été organisé à Crozet pour que les hivernants puissent proposer leurs plus belles images dans des catégories pré-définies. De nombreuses photos ont été proposées, elles ont été départagées lors d'une séance de votes au Cinéma de la base. 

Voici les photos lauréates par catégories:


Ile de l'Est - Ex æquo
Vue sur l'île de l'Est depuis la Baie du Marin - Photo d'Anne Cillard
Vue sur l'île de l'Est depuis le plateau Jeannel - Photo de Julie Tucoulet


Base 
Base Alfred Faure - Photo de Raphaël Bacher
 
 Paysages emblématiques de Crozet
La vallée des Branloires et le lac sans nom - Photo de Julie Tucoulet








 
Parade d'albatros hurleurs
Parade d'albatros hurleurs au Bollard - Photo de Cécile Vansteenberghe

Albatros fuligineux
Parade d'albatros fuligineux à dos clairs à la crique du Sphinx - Photo de Julie Tucoulet

Manchots royaux
Manchots royaux à la Baie américaine - Photo de Julie Tucoulet

Pachas éléphants de mer
Pacha (en colère) à la Baie du Marin - Photo de Julie Tucoulet


Pétrels géants
Pétrel géant - Photo de Julie Tucoulet

Orques
Orque dans la Baie américaine - Photo de Julie Tucoulet

mercredi 1 janvier 2020

Bonne année!

Toute l'équipe de la mission 57 vous souhaite une belle année 2020! 
 
 

 

mardi 31 décembre 2019

La reproduction des manchots royaux (3/6) : la ponte et l’incubation de l’œuf

 

Les premières pontes cette année en Baie du Marin ont eu lieu autour du 8 novembre. Une fois l’œuf pondu par la femelle, il faut compter environ 53 jours d’incubation avant l’éclosion et la naissance du poussin. Durant la phase d’incubation, l’œuf est posé sur les pattes de son parent et ne touche pas le sol. Il est recouvert d’une poche incubatrice sous laquelle il est en contact directement avec la peau pour favoriser la diffusion de la chaleur. Il est régulièrement tourné par les parents pour bien répartir la chaleur et éviter l’adhérence.








  

Pendant cette période, les deux parents se relèvent à tour de rôle pour couver leur œuf. C’est le mâle qui commence, rapidement après la ponte, la femelle repartant alors en mer pour se nourrir. Les périodes où le parent couve durent généralement deux semaines avant que son partenaire vienne prendre le relais. C’est par le chant que ceux-ci arrivent à se reconnaitre dans la manchotière. Le manchot couvant est alors en jeûne total, il repart en mer se nourrir quand son tour est terminé.


Pendant les quasi deux mois d’incubation, les couveurs doivent également défendre leur territoire face aux autres manchots et éviter les potentielles attaques de skuas sur leur œuf, notamment au moment où ils le tournent ou quand les deux parents se relaient. Un autre risque pendant cette période d’immobilisation pour le manchot est lié à la météo : la manchotière étant en bord de mer, une potentielle tempête, amenant une forte marée peut repousser les manchots et les obliger à se déplacer rapidement avec leur oeuf, ce qui n'est pas aisé.

 
C’est ce qui s’est passé le 26 décembre dernier où des vents violents se sont abattus sur l’île provoquant une forte houle qui a déplacé de nombreux manchots précipitamment vers l’intérieur des terres. Une partie de ceux qui couvaient au niveau de la plage a perdu son œuf, faisant alors le bonheur des skuas et pétrels à l’affut. 

Si les premières pontes ont commencé en novembre, celles-ci se poursuivent encore maintenant avec les manchots dont le cycle de reproduction est plus tardif. Les premières naissances devraient quant à elles avoir lieu dans les prochains jours!


Merci aux manchologues Sandra Avril et Anne Cillard (Prog 119) 
pour leur aide dans la rédaction de cet article.
Photos de A. Cillard, J. Tucoulet et T. Fuentes Rodriguez