samedi 22 février 2020

Jardin Japonais et son incroyable biodiversité



C’est un petit coin magnifique au Nord-Ouest de l’île de la Possession, encadré par le Cap vertical à l’Est et surplombé par le champ des albatros et la grande coulée à l’Ouest, qui est accessible depuis la cabane de Pointe Basse en 30 minutes de marche environ. Ses paysages atypiques, faits de petits lacs entourés d’une végétation verdoyante à l’extrémité nord du site, en bordure de mer, lui ont probablement donné son nom.


Le champ des Albatros à gauche, Jardin Japonais et Cap vertical à droite


La manchotière de Jardin Japonais
D’une superficie d’environ 45 hectares, ce petit territoire est un habitat très prisé des différentes espèces de l’île qui semblent toutes s’y être données rendez-vous, notamment pour la période de reproduction.
Il accueille ainsi la plus grande colonie de manchots royaux de l’’île, composée d’environ 50’000 couples. D’autres manchots s’y sont également établis, les papous, les gorfous macaronis et les gorfous sauteurs. 

Colonie de gorfous macaronis
Gorfou macaroni en plein saut


Gorfou sauteur



On y croise aussi de nombreuses autres espèces d’oiseaux marins telles que les cormorans, albatros fuligineux, pétrels géants et skuas ainsi que des éléphants de mer et des otaries à fourrure de Kerguelen et d’Amsterdam.

Cormorans de Crozet
Albatros fuligineux
Otarie à fourrure d'Amsterdam



En ce mois de février, la plupart de ces espèces sont en train d'élever leurs petits, nés dans les précédentes semaines.

Poussins de gorfous macaronis
Albatros fuligineux et son poussin
"Pup's" d'otarie dans une marre de Jardin Japonais

Comptage de poussins gorfous
Plusieurs de ces espèces sont suivies dans le cadre de protocoles scientifiques. C’est le cas des otaries qui font l’objet de comptage pour le programme 109 ou des gorfous macaronis dont le succès reproducteur est étudié (dénombrement des couveurs sur œuf puis du nombre de poussins à différents stades de leur croissance).
La densité de la présence du rat noir, introduit par l’homme et qui prolifère sur ce site, est également analysée par un programme de la Réserve Naturelle en vue de sa potentielle éradication future. 

Photos de J. Tucoulet, T. Fuentes Rodriguez, C. Vansteernberghe, M. Prioul et A. Dupont.

jeudi 20 février 2020

Les fonds marins proches de la BdM

Il est impossible pour les hivernants de la base Alfred Faure, pour des raisons de sécurité, de se baigner dans la Baie du Marin, la vie sous-marine de la Baie et ses alentours étant dès lors méconnue des résidents. Aussi, c’est avec plaisir que nous avons reçu des images prises par des plongeurs du Nivôse, récemment en escale sur l’île de la Possession (cf article à ce sujet), qui ont effectué une plongée dans cette zone et ont gentiment partagé les vidéos filmées à cette occasion.

Laminaires donnant aux fonds marins un air de forêt sous marine tant leur présence semble dense à certains endroits



On y voit de nombreux laminaires Macrocystis pyrifera. Ce sont des algues brunes de grande taille, très présentes à proximité des côtes et dans les baies de Crozet ; elles sont fixés sur les fonds rocheux, pouvant aller jusqu’à 40 mètres de profondeur et se maintiennent jusqu’à la surface grâce à des flotteurs en forme de poire ayant donné son nom à l'espèce.




Ces images permettent également de croiser un oiseau marin familier des  hivernants, mais dans un autre environnement : le manchot royal, qui nage à une vitesse pouvant atteindre les 30 km/h. Celui-ci n'est alors pas en train de pêcher, sa zone de pêche étant plus distante, mais se trouve ici en raison de la proximité de la colonie de la Baie du Marin. 



Enfin, on y observe quelques étoiles des mers dans les fonds ou accrochées aux laminaires et des mollusques de mer (céphalaspides. Sp) aux multiples couleurs.



Images filmées par les plongeurs du Nivôse, frégate de la Marine nationale.
Merci à eux de les avoir partagées!

dimanche 16 février 2020

Le Nivôse de retour à Crozet




Tout juste un an après son dernier passage dans les eaux de Crozet, le Nivôse, frégate de surveillance de la Marine Nationale, était récemment de retour pour une escale de deux jours sur l'île de la Possession. 

Légine australe
Sa présence dans les mers françaises permet d'assurer une surveillance de la pêche illicite de la légine, un poisson savoureux, peu connu en France, mais très apprécié en Asie. Afin de maintenir un prélèvement soutenable pour l'espèce et son écosystème, des quotas de pêche ont été mis en place et attribués à sept palangriers, seuls navires autorisés à pêcher la légine dans la ZEE de Crozet. La venue de frégates permet ainsi de contrôler la non-présence de navires de pêche illicite dans la zone et de maintenir une présence dissuasive. 

Cette escale en Baie du Marin aura été l'occasion d'échanges entre les marins du Nivôse et les hivernants de Crozet, les premiers étant descendus à terre en en plusieurs bordées pour visiter la base et ses alentours tandis que les seconds ont pu rejoindre le Nivôse pour une visite leur permettant de mieux appréhender la vie à bord.
 

Elle a également permis, grâce au concours de l'hélicoptère du Nivôse, de réaliser plusieurs missions pour les TAAF: 

Un exercice médical conjoint a ainsi été conduit avec l'évacuation aérienne d'un patient fictif depuis le Mont Branca vers l'hôpital de la base.  




Du matériel ancien stocké sur le site de Petit Caporal a pu être récupéré pour être rapatrié sur base. 

Vue aérienne de la colonie de manchots royaux de l'île aux Cochons
Enfin, un survol de l'île aux cochons a été mené afin d'effectuer un photo-comptage de la manchotière dans le cadre du suivi de la mission scientifique ayant récemment eut lieu sur cette île et présentée dans un précédent article.
L'Albius, l'un de sept palangriers pêchant dans la ZEE de Crozet, a été croisé en chemin par l'équipe partie faire le photo-comptage.

L'Albius
Pli philatélique réalisé pour l'occasion


Photos de A. Bermes, C. Vansteenberghe, M. Prioul et T. Fuentes Rodriguez

mercredi 29 janvier 2020

La reproduction des manchots royaux (4/6) : la naissance du poussin et ses premières semaines


Après environ 55 jours de couvaison, effectués en alternance par le mâle et la femelle, l’œuf commence à se fissurer. L’éclosion totale permettant la sortie du poussin par son bec va prendre environ deux à trois jours. Il pèse alors entre 200 et 350 grammes.


Poussin sortant de son œuf

Sans duvet, il va devoir rester protégé sous la poche de ses parents encore environ un mois après la naissance, jusqu’à son émancipation thermique. Les deux parents continuent alors de le couver à tour de rôle, mais pour des périodes moins longues que durant la couvaison de l’œuf. 
Rapidement, le poussin va néanmoins commencer à sortir sa tête de sous la poche puis, petit à petit, sortir de plus en plus, tout en restant en contact avec le corps de son parent. 








Il va rapidement prendre du poids grâce à la nourriture que ses parents lui apportent en se relayant, celle-ci étant transmise du parent au poussin par régurgitation.


Après quelques semaines, il entrera dans la phase dite de crèche, c'est à dire de regroupement avec les autres poussins, une fois que ses parents ne resteront plus auprès de lui de manière continue.


Photos et vidéo de J. Tucoulet, A. Cillard, A. Dupont et T. Fuentes Rodriguez