dimanche 15 janvier 2017

Fêtes de fin d'année (1)

Avec un mois de décembre très chargé, nous avons pris un peu de retard dans la publication des articles. Plusieurs escales de navires ont eu lieu récemment, le chantier de la station d'écoute HA-04 s'est terminé, les fêtes de fin d'année ont battu leur plein en fin de mois, puis a eu lieu cette semaine le départ des derniers VSC de la mission 53 lors du passage du Marion Dufresne.

Pour commencer le rattrapage, quelques illustrations des fêtes de fin d'année. Le mois de décembre a en effet été particulièrement festif sur l'Ile de la Possession.

Le 6 décembre, quelques joyeux hivernants alsaciens décidaient de fêter la Saint-Nicolas en grande pompe. Le district a donc reçu la visite de deux hivernants  inattendus...

Saint-Nicolas et la mère fouettard. Gare aux hivernants qui ont été insolents avec le Chef de district !

A cette occasion, de délicieux Mannele ont été distribués à tout le monde, une fois les coups de martinet distribués au moins méritants !

Les Mannele estampillés "mission 54"

Le Mannele est une pâtisserie traditionnelle de la Saint-Nicolas, que l'on trouve sous diverses appellations dans l'Est de la France, en Allemagne ou encore en Suisse : Mannala ou Jean Bonhomme en Franche-Comté ou en Lorraine, Coualé dans les Vosges, Weckmann ou Stutenkerl en Allemagne de l'Ouest, Boxemännercher au Luxembourg, etc. 


Des Weckmänner - source  : wikipédia

D'après wikipédia , "certains documents attestent de l'existence de la tradition à Bâle depuis le XIVe siècle : le 6 décembre, les enfants de Bâle défilaient à travers la ville après avoir désigné un "enfant-évêque" qui était autorisé à réprimander les adultes pendant toute une journée. À la fin de leur procession, ils avaient droit à des petits pains au lait à la farine blanche. Pour figurer les yeux ont utilisait des baies de genévrier".

Nous avons nous aussi notre Fête des Fous, la Midwinter, pendant laquelle est élu un "Onz'Cro" chargé de remplacer le Chef de district pendant une semaine (voir cet article en lien par exemple). Inutile de préciser que votre serviteur est déjà à la manœuvre pour faire élire un candidat conciliant en juin prochain ! 

La suite très prochainement

mardi 10 janvier 2017

Calendrier 2017 des rotations du Marion Dufresne

Au cours de sa campagne océanographique du début d'année, le Marion repassera après-demain par Crozet pour relever les derniers VSC de la mission 53 et plusieurs campagnards d'été. C'est  l'occasion de vous faire partager le calendrier 2017 de ses rotations.

Cliquez pour agrandir l'image

Attention cependant : le deuxième semestre est simplement prévisionnel.

Quelques VSC sont relevés lors de ce qu'on appelle par facilité "OP0", alors qu'il ne s'agit pas d'une opération portuaire des TAAF. Le navire n'est pas en effet pas affrété par ces dernières mais par l'IPEV dans le cadre de ses missions de financement de la Recherche.

On ne sait pas encore si cette campagne subsistera à l'avenir, car les missions océanographiques de l'IPEV devraient être transférées à partir de 2018 à l'IFREMER, opérateur unique en la matière.

Pour le moment, le calendrier 2017 est très classique. Pour ceux qui l'ignorent, l'usage du navire, propriété des TAAF, est actuellement partagé entre les TAAF et l'IPEV, à raison d'un quota de 120 jours pour les premières et 245 jours pour la seconde. Cette répartition est rendue nécessaire par les multiples fonctions du Marion, qui est à la fois un navire ravitailleur et un navire dédié à la Recherche.

N'hésitez-pas à poser vos questions en commentaire si vous souhaitez en savoir plus !


dimanche 8 janvier 2017

Photo de la semaine : un drôle d'oiseau en BdM

Il y a quelques jours, nous observions un manchot un peu particulier, installé tranquillement en plein dans la colonie de la Baie du Marin.

Où est Charlie ? - photo : Régis GLIERE

Un manchot ? J'entends déjà certains hurler qu'il s'agit d'un gorfou, A-NE-SURTOUT-PAS-CONFONDRE ! On assimilerait ces derniers parfois un peu rapidement à leurs cousins manchots : même corps fuselé hydrodynamique, ailerons qui servent de nageoires, etc. Mais à la vue de cet individu, aucun doute possible : nous aurions bien affaire à deux espèces différentes.

Alors, manchot, pas manchot ... ? Cette observation nous a donné l'occasion d'en avoir le cœur net.

Un manchot papou et son petit - Photo : Grégory EXBRAYAT

Sur Crozet, nous observons des manchots royaux, des manchots papous, et des gorfous sauteurs et dorés (appelés ici plutôt macaronis). Les gorfous, anciennement désignés comme "manchots à aigrettes", appartiennent bien à un genre différent : les Eudyptes. Les manchots royaux font quant à eux partie des Aptenodytes, tandis que les papous appartiennent au genre Pygoscelis. Toutes ces espèces appartiennent à la famille des Spheniscidae, qui comprend au total six genres.

(Si vous ne suivez plus, rappelez-vous les cours de biologie du lycée : dans la classification des animaux, la famille englobe le genre, qui comprend à son tour différentes espèces. Donc, pour nos volatiles, on a la famille des Spheniscidae, qui comprend six genres, notamment les Eudyptes  et les Aptenodytes. Les gorfous dorés et sauteurs sont deux espèces du genre Eudyptes (qui en compte sept au total) ; les manchots royaux une espèce du genre Aptenodytes (qui en compte une autre, les Empereurs) ; et les papous une espèce du genre Pygoscelis (qui en compte trois, dont le manchot Adélie) )

Un Adélie observé récemment lors de la rotation R1 à DDU. Cette espèce est beaucoup plus agressive, paraît-il, que nos placides Royaux !

Ce qui relie nos gorfous et nos manchots est donc un ancêtre commun (un peu comme pour nous et les singes). La séparation gorfou/manchot se serait opérée il y a environ 15 millions d'années d'avec l'ancêtre des manchots antipodes. Ce dernier, appelé aussi manchot à œil jaune, est un manchot très rare, dernier représentant du genre Megadyptes qui vit exclusivement en Nouvelle-Zélande. Il est carnivore, et possède la particularité de vivre en couple plutôt qu'en colonie.

Un manchot antipode - source : wikipédia

Ensuite, les gorfous se seraient différenciés à leur tour il y a environ 8 millions d'années entre les espèces que nous connaissons aujourd'hui. Ce qui les distingue nettement de leurs cousins manchots est notamment leur aigrette caractéristique, qui nous permet aussi de reconnaître les sauteurs et les dorés (ou macaronis). Les premiers ont une tête de savant fou, alors que les seconds possèdent une sorte de monosourcil.

Un gorfou sauteur - source  : www.espacepourlavie.ca


Un gorfou doré et son monosourcil - source : wikipédia

Alors, notre gorfou était-il un sauteur ou un macaroni ?