dimanche 4 juin 2017

Réponse : l'incident du 15 mars 1964

Et la bonne réponse était : l'incendie du 15 mars 1964. Cet incident, qui eut lieu durant le premier hivernage - les deux précédentes missions étaient des campagnes d'été uniquement - nous permet de mieux saisir ce qu'étaient les conditions de vie et de travail des pionniers.

Voici ce qu'en dit le compte-rendu officiel réalisé par le conducteur de travaux, responsable de la mise en place de l’infrastructure, Jean Léridon.

Toutes les photos d'archives ont été  transmises par X. Langlet

Il faut se rappeler que les deux premières campagnes d'été avaient eu pour but de trouver un lieu d'installation propice, qui fut rapidement identifié comme le site actuel, situé sur un plateau rocheux relativement plane et à proximité du meilleur mouillage des îles (récit d'Alfred Faure à venir dans quelques articles). A ce stade existait donc encore le camp de base provisoire en Baie du Navire (ou Crique du Navire*), duquel les matériaux étaient montés par les téléphériques jusqu'au plateau. - souvenez-vous : la piste reliant la base à la BdM fut construite seulement dans les années 80.

* La Crique du Navire est le vrai nom de ce qu'on appelle aujourd'hui par habitude Baie du Marin (cf. carte IGN), la BdM étant en réalité la Baie allant de la pointe Max Douguet à la Pointe Lieutard, et la Crique du Navire la crique située au niveau des terres.

De gauche à droite : Michel Naud (Monteur Téléphériste), Hubert Schwebel (Chef Cuisinier), Robert Barron (Mécanicien), Marcel Carrel - de dos - (Menuisier), Claude Guérineau (Plombier) et Jean Leridon (Conducteur de Travaux)

  Voici l'état du camp de base provisoire le lendemain, le 16 mars 1964, avec de gauche à droite :

- un groupe électrogène détruit
- un container bâché, mais dont le contenu est perdu
- une baraque « Arbec » bâchée, une partie du ravitaillement qu’elle contenait ayant pu être sauvée
- l’atelier de matériel et d’outillage complètement détruit
- au premier plan, un fût de vin brûlé


Ci-dessous, la bouteille de propane surchauffée et enflammée, qui a traversé la manchotière comme une fusée pour venir se planter dans la pente après avoir parcouru plus de 150 mètres.


Et la bouteille d’acétylène qui a explosé durant l’incendie :


Pour finir, voici le récit un peu plus détaillé qu'en fit 25 ans plus tard le même J. Léridon dans la lettre de l'AMAPOF du 26 juillet 1989 - aujourd'hui AMAEPF, lien à droite dans la page d'accueil du blog.

 

5 commentaires:

Isabelle 12558 a dit…

Très impressionnant comme "aventure" dès le 1er hivernage!
Heureusement plus de peur que de mal. Aujourd'hui, je suppose que tous les produits inflammables, toxiques et gaz doivent être stockés dans des endroits protégés et clos hermétiquement ?

Et surtout, que cette expérience de 1964 vous sert de leçon : stockez le vin dans un endroit où il ne risque rien !!!

Bonne fin de journée, au plaisir de vous lire

Isabelle

DISCRO a dit…

Le vin est bien à l'abri à présent ;)

Quant aux produits dangereux et inflammables, ils sont stockés à proximité des bases, mais suffisamment loin pour éviter tout risque en cas d'incendie / explosion. Ces lieux doivent au contraire être aérés pour éviter l'accumulation de gaz en cas de fuite. Dans le cas de Crozet, il s'agit d'un abris situé entre la base et le barrage.

Bonne fin d'après-midi.

B OliveJura a dit…

Récit saisissant de ce qui aurait pu avoir des conséquences dramatiques ... Le détail du stock de bois de chauffage nous rappelle les conditions de vie des hivernants, une autre époque ... Merci pour cette page d'histoire .

Isabelle12558 a dit…

Et bravo B OliveJura....vous avez ENCORE trouvé mais, a priori, vous êtes un vrai passionné des TAAF depuis longtemps!!! A bientôt pour de nouvelles aventures que nous concoctera notre Discro !!!

DISCRO a dit…

Tout à fait, la base est à présent très confortable. Nos groupes électrogènes auto-extinctifs ne risquent pas de nous provoquer les mêmes problèmes !

Bonne soirée.