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| Ludovic (à gauche) et Michel (à droite) |
Après s’est
intéressés au travail des agents de la Réserve Naturelle et à celui de l’équipe infra, c’est au tour de l’équipe cuisine de nous présenter comment s’exerce le
métier de cuisinier sur une base des terres australes.
Michel, chef
cuisinier, et Ludovic, commis de cuisine, sont à Crozet pour une mission
respectivement de 4 et 7 mois. Arrivés entre août et décembre derniers, ils
repartiront avec la prochaine rotation du Marion Dufresne fin mars. Cette
expérience à Crozet était pour tous deux une première dans les terres australes.
Pouvez-vous présenter
votre parcours et ce qui vous a amenés à venir travailler à Crozet ?
Ludovic : Alors que
je cherchais du travail, j’ai entendu parler des TAAF dans un forum sur les
métiers de la pêche. Cela m’a intéressé de venir découvrir les îles australes. Avant,
je travaillais dans un restaurant de cuisine créole à Cilaos (La Réunion).
Michel : Cela fait
trente ans que je suis cuisinier. J’ai eu un restaurant, été glacier,
agriculteur. Au moment où j’étais en attente pour une formation pour devenir professeur
en cuisine, j’ai répondu à une offre d’emploi des TAAF sans trop savoir de quoi
il s’agissait. Quand on m’a présenté le poste, l’environnement dans lequel
il s’exerce, je me suis dit que c’était une expérience de vie qui allait être
très intéressante et un beau challenge personnel à relever.
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| Barbecue avec les hivernants |
Quelles sont les
spécificités du travail de cuisinier ici ?
Ludovic : La
principale est de devoir travailler avec les produits disponibles. Juste après
les ravitaillements effectués par le Marion Dufresne, nous avons des produits
frais qui durent quelque temps mais ensuite, il faut s’organiser avec les
conserves et le surgelé. Il faut aussi sortir de son domaine de
spécialité ; par exemple, j’ai appris à faire du pain car ici, il n’y a
pas de boulanger. On fabrique le repas du début à la fin.
Michel : Il faut
satisfaire tout le monde sur le long terme. A la différence d’un restaurant, on
nourrit en effet les hivernants deux fois par jour pendant plusieurs mois. Il
faut donc arriver à savoir ce que les gens aiment et s’adapter, proposer de la
variété… Il faut aussi faire attention à la gestion des stocks des produits de
base (farine, sucre, etc.) car il n’y a aucun approvisionnement hors Marion
Dufresne.
Ce que vous appréciez
le plus ?
Michel : La cuisine
de la base est située dans le bâtiment de vie commune, là où tout de monde
passe et se retrouve. C’est donc un lieu central de la vie collective. La cuisine
est spacieuse, très bien équipée et bénéficie d’une vue imprenable sur l’île de
l’Est qui nous rappelle tous les jours la chance que nous avons de travailler
dans un tel environnement.
Un souvenir
ou un défi professionnel particulier ?
Ludovic : pour chaque
anniversaire d’hivernant, je fais le gâteau que la personne souhaite, peu
importe la recette. Si je ne la connais pas, il faut alors que je fasse des
recherches, des essais pour que ce soit bien réussi. C’est chaque fois un challenge !
Michel : Pour moi,
cela a été la période d’arrivée qui a été très intense. En effet, arrivé le 15
décembre, il a fallu très rapidement prendre mes marques pour préparer ensuite
les repas très attendus du 20 décembre (fête de l’abolition de l’esclavage
célébrée à La Réunion et également sur les districts), de noël et du jour de
l’an. Tout cela dans un laps de temps court, c’était beaucoup de pression pour
mes premiers 15 jours !
Alors que vous allez
vous-mêmes bientôt quitter Crozet, quels conseils donneriez-vous à un cuisinier
qui envisage de postuler ?
Ludovic : Savoir
s’adapter aux attentes des hivernants.
Michel : Être
disponible et se préparer à devoir être polyvalent ! Et, comme le dit
Ludovic, garder en tête que les cuisiniers sont au service des hivernants.
C’est important pour la qualité de vie de chacun.