dimanche 18 juin 2017

Question du jour [MàJ : réponse]

Niveau : intermédiaire

La question du jour est la suivante : pourquoi les îles froides sont-elles appelées ainsi ?

A vos claviers !

Les cartes IGN des Iles Froides encadrées à la Résidence

Mise à jour : réponse

Voici un extrait de l'étude du Colonel Gentil de 1957 consacrée à l'archipel, dans la section relative à l'histoire des îles (page 22) :

Le 22 janvier au matin, Marion et Crozet aperçurent dans le Nord le profil de deux caps que Crozet dessina ; c'était encore une île nouvelle. [...] Les caps appartenaient sans aucun doute à l'île appelée aujourd'hui "île aux Cochons".[...] Quant aux autres îles, il s'agissait certainement des "Pingouins". 

La journée du 22 s'acheva donc dans le calme. Par contre, le mauvais temps du 23 ne permit aucune observation et on n’aperçut la terre que de façon intermittente. Cependant, alors que la brume rendait la visibilité plus que précaire, la température s'abaissa subitement de plusieurs degrés et un énorme iceberg de plus de 200 toises [1 toise = 1,949m] frôla les navires de l'expédition sans heureusement leur causer aucun dommage. Alors, très à propos Marion décida de donner à sa découverte le nom d'îles froides.

En faisant quelques recherches, nous avons retrouvé cette explication dans ce portrait consacré à Julien Crozet : http://www.port-louis.org/crozet.html

Après une réparation de fortune, les deux bateaux naviguèrent dans le froid, le brouillard, le vent et la pluie et longèrent deux îles que les matelots, dans la frayeur provoquée par la rencontre d'un énorme iceberg, appelèrent Îles Froides. Il s'agit des actuelles île aux Cochons et île aux Pingouins.

Le voyage de Marion et Crozet - Source : http://www.port-louis.org/crozet.html
 
Comme l'a remarqué Isabelle, le guide des toponymes livre quant à lui une autre explication : "lors de la découverte, le froid avait paru d'autant plus intense que l'habillement des marins n'avait pas été prévu pour les conditions locales".

L'explication définitive reste donc à trancher !


vendredi 16 juin 2017

Ile de l'Est du jour

L'île de l'Est enneigée est toujours un régal pour les yeux, tantôt illuminée par un rayon de soleil, tantôt couverte par un grain, ou même un arc-en-ciel comme hier. Il a bien neigé ces derniers jours, et cela se voit !

Photo : Régis GLIERE

Par ailleurs, ce soir aura lieu sur le district la soirée-débat qui va clôturer deux semaines et demi de campagne. L'élection du ou de la Onz'Cro aura lieu dimanche soir, comme sur les autres districts. Sont candidats cette année trois hivernants, représentant leur parti respectif :

- le CHO : / Candidat : Denis 

Photo : Benoît VALLAS
 
- le FARC / Candidate : France

Photo : Denis MICHAUX




- le FLNC / Candidat : Grégory

Photo : Julie TUCOULET

Plus d'informations sur la Mid seront données dans quelques jours  !

mercredi 14 juin 2017

Photo de la semaine

La photo de la semaine nous a été envoyée par le commandant du Nivôse. Elle a été prise devant la Baie Américaine, en novembre dernier, par Jean-Pierre ARCILLE, peintre officiel de la Marine Nationale.

Photo : Jean-Pierre ARCILLE

On distingue bien à gauche le Morne Rouge, et sur la droite le cirque formé par les Monts Jules Verne autour de la Baie du Petit Caporal. Entre la Baie Américaine et la Baie de la Hébé se trouvent respectivement le Rocher Pyramidal et le Cap de l'Antarès.


D'après le guide des toponymes, un morne désigne en créole antillais une "petite montagne ronde isolée. Il s'agit ici d'un petit cratère égueulé comportant un petit lac perché. Cette falaise rouge est signalée par Sir James Clark Ross (1839) sous le nom de Red Crag". Le lac en question est le fameux Lac sans nom, qu vous pouvez admirer ci-dessous.


Le Lac sans nom, en bas à droite, pris depuis le Morne Rouge - Photo : Raphaël SHEFFIELD (mission 53)

Une autre perspective depuis le sommet du Morne Rouge. On voit les caillebotis du transit qui indiquent la direction de BUS - Photo : RS

L'arrivée au Lac sans nom est toujours un moment fort du transit vers BUS, qui éblouit à juste titre les touristes du Marion Dufresne. Nous avons toujours l'impression d'y être un peu hors du monde. A noter qu'il avait été envisagé d'ensemencer ce petit lac lors des toutes premières missions, pour y développer la pêche de loisir à destination des hivernants !
 
Perspective plus large, avec vue sur la Vallée des Branloires - Photo : RS

Le Rocher Pyramidal doit quant à lui son nom, toujours d'après notre fidèle guide des toponymes, "au lieutenant de vaisseau Richard-Foy, commandant de l'aviso la Meurthe, qui fut envoyé en 1887 aux îles Crozet à la recherche des naufragés du Tamaris. C'est sous son commandement que fut dressée la première carte sérieuse de l'archipel. Le guide précise que "les instructions nautiques de 1903, p. 466 , [indiquent] : "… sur le côté ouest, un rocher remarquable, près du rivage… gris et de forme pyramidale". On le distingue bien au centre de la photo ci-dessous, toujours prise depuis le Morne Rouge.

Photo :  RS
Vous l'aurez remarqué, les noms des caps, pointes et autres baies (Gauss, Galiéni, Antarès, Meurthe, La Pérouse, Bougainville, etc.) sont tous donnés en souvenirs des navires qui explorèrent ces côtes avant l'installation d'une présence française permanente. Un prochain article narrera l'histoire de ces passages, qui permirent progressivement d'acquérir une certaine connaissance des îles de l'archipel, jusqu'à la mission du Colonel Gentil de 1957, préparant la première campagne de 1962.

dimanche 11 juin 2017

Précisions sur le poussin blanc

Il y a deux jours, nous vous faisions partager la photo du défunt "poussin blanc" dans cet article.

Il m'est revenu depuis que l'ancien DisTA nous avait fait parvenir en début de mission la photo d'un poussin empereur dit "leucique".


Photo non créditée

Il s'avère que notre poussin blanc était lui aussi leucique, une forme d'anomalie de la pigmentation liée à l'absence de cellules pigmentaires. Voici l'explication qu'un correspondant nous a fourni :


"L'albinisme est une "anomalie" génétique affectant la production de mélanine ; avec généralement l'absence totale de production de mélanine. L'absence de pigmentation (phénotype = forme blanche) est donc la conséquence d'une anomalie génétique au niveau de cette production (génotype présentant l'anomalie). Le leucisme s'en distingue par l'absence de cellules pigmentaires. Le gène codant la mélanine est bien présent (le génotype est donc OK pour le code mélanine). La mélanine est donc bien produite mais ne peut s'exprimer par l'absence (totale ou partielle) des cellules pigmentaires (phénotype = forme plus ou moins blanche, jusqu'au stade ultime de l'absence totale de ces cellules = forme blanche). Le leucisme n'affecte donc généralement pas la pigmentation oculaire, comme l'albinisme (critère de différenciation sur votre photo)."

La question restait donc de savoir si ces anomalies présentent un désavantage pour la survie. En soi, le leucisme n'affecte pas la durée de vie de l'individu. En revanche, il est possible qu'au milieu d'une masse indéterminée de poussins marrons (la crèche), le poussin puisse être repéré plus facilement par les prédateurs.

Bon dimanche à tous les lecteurs !


samedi 10 juin 2017

Photo du jour : L'Akademyk Treshnikov en Baie Américaine (1er janvier 2017)

La photo du jour, c'est l'Akademyk Treshnikov au mouillage en Baie Américaine (expédition ACE).

Photo non créditée (compte Facebook de l'expédition)

Il s'agit du navire amiral de la flotte océanographique russe, navire à capacité glace, qui a effectué un tour de l'Antarctique entre décembre 2016 et mars 2017.

Plus d'infos dans un article à venir prochainement !

vendredi 9 juin 2017

Info du jour : diffusion du documentaire "Marion Dufresne", navire des îles extrêmes"

Nous vous relayons l'information suivante, qui concerne la diffusion prochaine d'un documentaire sur le Marion Dufresne, dimanche 18 juin à 20h55 sur la chaîne France O.

http://www.francetvpro.fr/france-o/programmes/5423998

Crédit photo : Florian BAILLY
(Présentation issue du site de France Télévision)

Situés à 3 000 km de l’île de La Réunion, les archipels français de Crozet et de Kerguelen émergent de l’océan, perdus entre les 40èmes rugissants et les 50èmes hurlants. Si des colonies de manchots et de phoques résistent à leurs conditions extrêmes, aucun homme n’y réside de façon permanente. Seuls quelques privilégiés (militaires, chercheurs,…) s’y succèdent, séjournant durant de longs mois dans un environnement atypique.

Au cœur de la plus grande concentration d’oiseaux marins au monde, ils recensent, observent et questionnent la nature. Sans liaison aérienne possible, seul un navire s’aventure jusque-là pour les ravitailler. Son nom : le Marion Dufresne

Le Marion Dufresne est un bateau d’exception qui, quatre fois par an, affronte les mers les plus houleuses pour rejoindre des terres que la France met un point d’honneur à occuper et à étudier. Il est le cordon ombilical des îles subantarctiques françaises. 

Pendant 28 jours à bord, sur 9 000 kilomètres, nous suivons son équipage et ses passagers qui embarquent pour les Terres australes et antarctiques françaises et font escale à Tromelin, Crozet, Kerguelen et sur l’île d’Amsterdam.

Les réalisateurs Cécile Clocheret et François Picard nous font vivre une expérience à couper le souffle qui invite à l’exploration de territoires parmi les plus isolés au monde !

mardi 6 juin 2017

Photo de la semaine : le poussin blanc

Un drôle de poussin est né cette année :

Photo : Gilles ROMEDER

Celui-ci n'a cessé d'intriguer les manchologues, qui auraient bien aimé savoir ce qu'il allait devenir en grandissant. Est-ce que cette couleur allait perdurer ? Est-ce qu'il avait moins de chances d'être prédaté que ses congénères marrons pendant sa croissance ?

Photo : Benoît VALLAS

La question a été "tranchée" au bout de quelques semaines... puisque les pétrels ne lui ont pas laissé la chance de grandir. RIP le poussin blanc !

dimanche 4 juin 2017

Réponse : l'incident du 15 mars 1964

Et la bonne réponse était : l'incendie du 15 mars 1964. Cet incident, qui eut lieu durant le premier hivernage - les deux précédentes missions étaient des campagnes d'été uniquement - nous permet de mieux saisir ce qu'étaient les conditions de vie et de travail des pionniers.

Voici ce qu'en dit le compte-rendu officiel réalisé par le conducteur de travaux, responsable de la mise en place de l’infrastructure, Jean Léridon.

Toutes les photos d'archives ont été  transmises par X. Langlet

Il faut se rappeler que les deux premières campagnes d'été avaient eu pour but de trouver un lieu d'installation propice, qui fut rapidement identifié comme le site actuel, situé sur un plateau rocheux relativement plane et à proximité du meilleur mouillage des îles (récit d'Alfred Faure à venir dans quelques articles). A ce stade existait donc encore le camp de base provisoire en Baie du Navire (ou Crique du Navire*), duquel les matériaux étaient montés par les téléphériques jusqu'au plateau. - souvenez-vous : la piste reliant la base à la BdM fut construite seulement dans les années 80.

* La Crique du Navire est le vrai nom de ce qu'on appelle aujourd'hui par habitude Baie du Marin (cf. carte IGN), la BdM étant en réalité la Baie allant de la pointe Max Douguet à la Pointe Lieutard, et la Crique du Navire la crique située au niveau des terres.

De gauche à droite : Michel Naud (Monteur Téléphériste), Hubert Schwebel (Chef Cuisinier), Robert Barron (Mécanicien), Marcel Carrel - de dos - (Menuisier), Claude Guérineau (Plombier) et Jean Leridon (Conducteur de Travaux)

  Voici l'état du camp de base provisoire le lendemain, le 16 mars 1964, avec de gauche à droite :

- un groupe électrogène détruit
- un container bâché, mais dont le contenu est perdu
- une baraque « Arbec » bâchée, une partie du ravitaillement qu’elle contenait ayant pu être sauvée
- l’atelier de matériel et d’outillage complètement détruit
- au premier plan, un fût de vin brûlé


Ci-dessous, la bouteille de propane surchauffée et enflammée, qui a traversé la manchotière comme une fusée pour venir se planter dans la pente après avoir parcouru plus de 150 mètres.


Et la bouteille d’acétylène qui a explosé durant l’incendie :


Pour finir, voici le récit un peu plus détaillé qu'en fit 25 ans plus tard le même J. Léridon dans la lettre de l'AMAPOF du 26 juillet 1989 - aujourd'hui AMAEPF, lien à droite dans la page d'accueil du blog.

 

samedi 3 juin 2017

Photo-mystère

Voici une photo de la Baie du Marin dans les années 60. Que s'est-il bien passé ce jour là ?

Niveau : très difficile

Merci à X. Langlet pour la transmission de cette photo d'époque

mercredi 31 mai 2017

On fête la nature sur les districts !

Un article écrit avec la contribution de France MERCIER, agent RN sur Crozet

Samedi dernier, nous fêtions sur les trois districts austraux la Fête de la Nature.

L'affiche annonciatrice de l'évènement - Photo : France MERCIER

Celle-ci est un évènement national qui vise à rassembler le grand public autour de la nature et de la biodiversité. Chaque année, cet évènement rassemble plus de 800 000 participants partout en France, au travers des manifestations gratuites et au contact direct de la nature, afin de découvrir ou redécouvrir notre environnement et ses richesses.

Ces journées festives sont également célébrées à l’autre bout du monde, au sein de la Réserve Naturelle des Terres Australes Françaises, sur chacun des districts, et sont organisées par les agents de la Réserve Naturelle et le Chef de district. L’implication des VSC de l’IPEV a permis de proposer lors de cette journée plusieurs ateliers participatifs et thématiques.

Photo : FM

RALLYE SISMO-ECOBIO au Biomar, proposé par Benjamin (IPEV Programme 136) et Simon (IPEV Magné-Sismo) 

Ci-dessus, un hivernant apprend à lire les différents type d'ondes émises lors d'un séisme et captées par le sismographe installé sur la base. Le but était de localiser le plus précisément possible le séisme. Le vainqueur a obtenu une médaille ! - Photo : Régis GLIERE
 
Atelier reconnaissance de plantes à partir de la grille d'identification ci-dessous ... - Photos : RG

 
... Puis récolte d'insectes à proximité du BioMar, identification à l'aide de clés de détermination et de la loupe binoculaire. Après des mois passés ici, nous sommes beaucoup plus attentifs à ce monde qui vit sous nos pieds !

A LA RECHERCHE DU VERT… en extérieur puis au bureau de la RN, proposé par France (Agent RN)

Après plusieurs échanges et questions posées autour de la flore rencontrée sur Crozet, un petit jeu a été proposé aux participants, en équipe. A partir de photos de plantes observées sur l’île, les participants devaient les classer dans deux catégories : espèce native ou espèce introduite. - Photo : FM

Entre les ateliers du matin et ceux de l'après-midi, nos cuisiniers avaient comme à l'accoutumée donné le meilleur d'eux-mêmes pour nous aider à faire face aux rigueurs de l'hiver Crozétien !

De l'intérêt de disposer de cuisiniers à domicile... - Photo : Denis MICHAUX

VOL AU DESSUS D’UN NID D’ALBATROS… au Biomar, proposé par Nicolas (IPEV Programme 109) 

Un petit quizz de reconnaissance des crânes et des œufs d’oiseaux présents sur Crozet a permis de débuter la thématique de l’atelier sur l’ornithologie. Après de nombreux échanges et questions sur la morphologie des becs ou des crânes en fonction du régime alimentaire, s’en est suivi une présentation des principales espèces aviaires rencontrées sur le district, le temps n’étant pas idéal pour des observations en direct en extérieur (brouillard et neige) - Photo : FM

ENTRE DUVET ET PLUMES… en Baie du Marin, proposé par Benoit (IPEV Programme 137) et Denis (IPEV Programme 119)

Deux manchots géants en train de présenter les supers-pouvoirs d’adaptation de leurs cousins manchots royaux, qu'on aperçoit en masse depuis la vitre du shelter d'observation du programme 137 - Photos : RG
 
Un squelette trouvé sur la plage, en très bon état, a permis d'expliquer l'anatomie du manchot - les prédateurs ne laissent pas grand chose... RIP

Après ces ateliers studieux se tenait un goûter "nature" à la serre, avant la projection du documentaire "les aventures du Makaï". Ce documentaire raconte les découvertes faites lors de l’expédition scientifique menée il y a quelques années dans ce sanctuaire malgache de biodiversité, aujourd'hui classé en aire protégée.

A noter enfin qu'un concours photo inter districts a eu lieu, qui verra les meilleurs clichés récompensés aux alentours de la mi-juin, dans 3 catégories : "paysage grandiose", "paysage de colonies", "au plus près des espèces". Crozet avait raflé les prix l'année dernière, avec notamment le premier prix pour la photo ci-dessous prise depuis le Mascarin, ainsi qu'un magnifique gros plan de Pétrel Géant en train de somnoler.

Photo : Julien TOMMASINO

Une journée très appréciée par tous les hivernants, et qui aura contribué à la visibilité des districts en tant que terre de science et recherches.

dimanche 28 mai 2017

Image du jour

L'image du jour est un lever de soleil saisi il y a deux jours. Celui-ci n'a sans doute rien d'exceptionnel pour les habitués du blog, mais puisqu'on ne se lasse pas de les admirer, pourquoi ne pas les faire partager ?

Photos : Régis GLIERE


Comme vous le voyez, le soleil est désormais bien plus rasant, et se lève bien "à gauche" de l'île de l'Est.

*********

Quelques précisions sur un tout autre sujet, qui m'ont été demandées par certains en cette période électorale : comment vote-t-on sur les districts ?

 Tout simplement par procuration. Il n'existe pas de possibilité de voter sur place. En revanche, les Chefs de district étant également OPJ - officier de police judiciaire, fonction pour laquelle ils ont prêté serment avant le départ - ils sont en mesure d'établir des procurations. Les formalités sont d'ailleurs désormais fort simples : un unique formulaire est à télécharger et à remplir, avant de le faire signer pour l'OPJ, qui le retourne à la mairie concernée.

Lorsque l'hivernant est suffisamment prévenant, le courrier part avec le MD. Et lorsqu'il n'y a pas pensé, ou lorsque les délais ne le permettaient pas, le Chef de district s'arrange directement avec les mairies, qui acceptent bien volontiers une transmission par courriel étant donné notre isolement. Le mieux reste donc d'établir la procuration avant de partir, même si aucune élection n'est prévue dans l'année, car un évènement peut toujours en décider autrement (démission ou décès d'un élu local par exemple). La durée pouvant être d'une année complète, la question est donc ainsi réglée.

Avis aux hivernants de la mission 55 qui nous lisent et se préparent à bientôt partir : pensez-y, de même que la procuration sur vos comptes bancaires ! 

Bon dimanche à tous les lecteurs !

vendredi 26 mai 2017

Orques - une interview très éclairante

Dans ces deux derniers articles sur les orques de Crozet (ici et), nous vous présentions quelques problématiques liées à ces exceptionnels mammifères marins. Pour compléter ces informations, nous vous faisons partager une interview très éclairante de Christophe GUINET, ce spécialiste des orques de Crozet et Kerguelen. Celle-ci se trouve en lien ci-dessous :


Photo : Patrick FONTOIN (Mission 51)

Dans cet entretien, le chercheur raconte la genèse et l'approfondissement de ce programme de recherches, revenant sur le braconnage dont ont été massivement et sont encore probablement victimes les orques de Crozet. Il répond notamment à la question d'un commentateur sur la taille de la population actuelle.

"Nous avons ainsi pu montrer que pendant les 5 à 6 années où le braconnage était intense, l’effectif de la population d’orques de Crozet a diminué de moitié, passant d’environ 180 à 90 individus en quelques années. Nous avons de très fortes présomptions que les orques qui interagissaient avec les navires de pêches illégaux étaient pris pour cible et que de très nombreux individus ont ainsi été tués. Dès l’arrêt de la pêche illégale, la population d’orques s’est stabilisée. Les effectifs de cette population sont restés inchangés depuis."

Photo : Patrick FONTOIN (Mission 51)



Grâce aux recherches sur le phénomène de déprédation, les habitudes et aptitudes de ce mammifère ont été progressivement mieux connues : c'est ainsi qu'il a été établi que les orques se nourrissaient déjà, avant même l'arrivée de la pêcherie à la palangre, de goûteuses légines.

"Les orques sont connus pour être « très conservateurs » dans leurs habitudes alimentaires et l’adoption d’un nouveau type de proie est un processus lent chez cette espèce. Cependant, nous pensions à l’époque que les légines vivaient trop profondément pour pouvoir être naturellement pêchées par les orques qui n’étaient pas supposées plonger au-delà de 300-400 m. Depuis, la pose de balises nous a appris que ces animaux étaient en mesure de plonger beaucoup plus profondément et donc accéder naturellement à cette proie."

Photo : mission 50

Les programmes en cours sont très bien expliqués et permettent de bien comprendre les travaux des deux scientifiques que nous vous présentions lors du dernier article sur le sujet :

"Faut-il protéger le poisson lors de la remontée des lignes ou aussi lorsque les lignes sont en pêche ? Pour étudier ces questions nous avons développé une ligne expérimentale dans laquelle des hameçons seront équipés d’accéléromètres. A partir de ces données, nous déterminerons le moment où le poisson mord à l’hameçon, meurt et à quel moment et quelle profondeur il est décroché par un cétacé. Les données obtenues par la ligne expérimentale permettront, d’une part, d’optimiser les opérations de pêche en déterminant la durée optimale de mise à l’eau de la ligne et d’autre part, de mieux comprendre le processus de déprédation afin de proposer des solutions adaptées. Par ailleurs, nous évaluerons la susceptibilité des différents navires/capitaines de pêche à être détecter acoustiquement et par conséquent trouvés par les orques et les cachalots en mettant en œuvre une ligne d’hydrophone. Nous testerons à titre expérimental différents systèmes visant à protéger la légine sur la ligne."
 
Photo : mission 50

Nous avions justement reçus ces jeunes chercheurs quelques jours pour qu'ils puissent faire la maintenance de cette ligne expérimentale. Espérons que ces programmes permettront à leur tour de valider leurs hypothèses !

lundi 22 mai 2017

Un dimanche (normal) à Alfred Faure

Alors que la neige commence à s'installer, quelques hivernants se sont livrés hier à l'exercice de la promenade dominicale vers le Branca. L'occasion de se donner bonne conscience après le traditionnel repas amélioré du dimanche - le départ est dans 90 jours, il est temps de faire un peu d'exercice !

En montant vers le Mont Branca, on distingue bien les grains au-dessus du canal des Orques - Photos : Régis GLIERE

L'occasion également d'admirer quelques sommets enneigés et de prendre le grand air, alors que s'annonce une semaine à la météo compliquée (vents forts et pluie). La montée au Branca permet presque toujours d'admirer les sommets proches et lointains à la fois des Monts Jules Verne et du Mischief notamment.
 
Savez-vous à présent reconnaître les différents sommets ?

Et en redescendant, un pâle soleil illuminait quelques instants notre chère Ile de l'Est au loin, faisant briller ses hauteurs blanches.


Des plaisirs simples mais vivifiants. Tout le monde n'a pas à portée de main une île déserte pour s'aérer, après tout !

Bonne semaine à tous les lecteurs du blog !

vendredi 19 mai 2017

Information du jour : nouveaux navires

Un hivernant nous faisait part avant-hier une information parue dans le JIR - il s'agit du Journal de l’Ile de la Réunion, très apprécié par nos contractuels réunionnais notamment, dont nous disposons chaque jour via notre FTP.

Extrait du JIR du 16 mai (cliquer pour agrandir)

Le nouvel Astrolabe sera donc opérationnel pour sa première rotation en Terre-Adélie à la fin de l'année, à la suite de la mise à la retraite du mythique Astrolabe I en début d'année après 30 ans de bons et loyaux services.

L'ancien Astrolabe - Photo : Arnaud LAINE

Quant au B2M Champlain, il appartient à une nouvelle classe de navires de la Marine Nationale, les navires de classe ... d'Entrecasteaux. Oui, le monde est petit, car les falaises d'Entrecasteaux sont aussi le nom donné au sans doute plus célèbre, ou en tous cas plus beau site de l'île d''Amsterdam.

Photo : Laurent LE GUINIEC

Antoine Bruny d'Entrecasteaux est un navigateur français du XVIII° siècle, mort du scorbut en 1791 au cours d'une expédition lancée à la recherche du célèbre La Pérouse, qui a quant à lui donné son nom à la Baie éponyme de Crozet, et à la cabane qui se trouve non loin. Ces noms évocateurs nous rappellent au quotidien que la découverte de nos îles fut réalisée par de grands navigateurs - pour ce qui nous concerne, Marc-Joseph Marion-Dufresne et son second, Julien Crozet.

La Baie du La Pérouse - Photos : Régis GLIERE
La cabane, avec le Mischief au-dessus

Revenons au Champlain, et souvenez-vous de cet article récent. Les B2M sont justement conçus pour répondre entre autres aux besoins de surveillance des immenses ZEE françaises, avec une autonomie en mer importante et une disponibilité sur l'année élevée. Le Champlain est le troisième d'une série de quatre navires, le premier (le D'Entrecasteaux) étant affecté à la Nouvelle-Calédonie, et le second, le Bougainville, en Polynésie Française. Bougainville, autre navigateur célèbre qui a donné son nom à la Pointe du même nom non loin de la Base Alfred Faure... Le quatrième sera affecté quant à lui aux Antilles.

Le Champlain - Photo : © Marine Nationale

Ces navires, comme leur nom l'indique, sont remarquables pour leur polyvalence  : surveillance des ZEE, projection de forces, sauvetage et assistance en mer, soutien logistique, avec un pont de travail important, lutte contre la pollution maritime, etc. Les B2M sont ainsi équipés :

- d'un câble de traction pour remorquer un navire
- de canons à eau de capacité 500m3/h pour éteindre un bâtiment en feu
- d'une cuve de 10000L de produit dispersant pour lutter contre les nappes d'hydrocarbures, ainsi que de possibilité de deploiement de barrages et autres équipements
- d'installations dédiées à la plongée pour accueillir des nageurs de combats
- de la possibilité de récupérer des ECUME et autres embarcations de commandos marine par aérolargage

Aerolargage d'une ECUME (embarcation commando à usages multiples) et récupération par un BATRAL - © Marine Nationale



   - de semi-rigides pouvant atteindre 30 nœuds et être armés, pour l'interception dans le cadre de mission de police des pêches ou de lutte contre le trafic illégal
- d'un chaland de 9m, de 40cm de tirant d'eau pouvant passer les récifs coralliens, et donc débarquer du matériel ou des petits véhicules sur des iles comme celles des Eparses
- de systèmes de stabilisation favorisant les opérations en mer par mer forte, ainsi que du positionnement dynamique qui permet de tenir un mouillage sans utiliser l'ancre, notamment dans des zones protégées avec le risque d'abîmer les fonds marins
- de moyens de détection de haut niveau, ainsi que pour le Champlain, du système COMCEPT permettant de recevoir des communications haut-débit
- d'une salle de soins
- de locaux de rétention
- etc.

Le pont de travail du Champlain - Photo : © Michel FLOCH

Capables d'atteindre 14 nœuds, ils mesurent 65 mètres de longueur pour une largeur de 14 mètres, et peuvent déplacer 2300 tonnes en charge. Avec deux équipages de 23 membres chacun se relayant, leur présence en mer pourra atteindre 200 jours par an. Ils peuvent en outre accueillir 17 passagers supplémentaires. Après le désarmement de l'Albatros en 2016 (voir son dernier passage à Crozet en 2015 ici), et avec le vieillissement du patrouilleur Le Malin, ces nouveaux moyens, bien calibrés pour les besoins du temps présent, sont donc les bienvenus. 

Le D'Entrecasteaux - Photo : © MER ET MARINE -Vincent GROIZELEAU

Plus de photos de l'Astrolabe II ici, à son arrivée à Concarneau :

https://arctique-antarctique-hurtigruten.blogspot.fr/2017/01/arrivee-du-futur-lastrolabe-concarneau.html