mercredi 19 octobre 2011

Et si nous allions au restaurant ?



Devinez ce qui donne le moral aux "troupes" sur le terrain ? De bons repas, bien sûr ! Le contraire est également vrai, d'ou la mission importante de nos deux cuisiniers sur site depuis août dernier. 
Nous avons de la chance. Didier et Stephen, de personnalité différente, se complètent à merveille pour nous concocter de délicieux repas midi et soir. Le stock est important - il faut le gérer avec finesse - et les besoins aussi variés que le nombre d'hivernants sur l'île de la possession. Et oui, nous sommes difficile. C'est dans notre nature. Notre qualité de vie évolue, et notre ressenti sur le niveau des repas également. Arriver à contenter tout le monde est une gageure et il faut composer en permanence. C'est aussi ça, le travail d'un chef de district.
Pour remplir cette mission, deux contractuels des TAAF sont arrivés avec nous et repartirons fin mars 2012.
Ils disposent d'un matériel de cuisine moderne (oui, même dans des contrées aussi reculées, nous sommes "équipés"), et de différents modes de stockage conforme aux normes d'hygiène sanitaire. 


Les congélateurs -20°

Les congélateurs : propreté impeccable !



Les stocks rayon "épicerie"



































Le local "pâtisserie et fours"














Didier HOCHART a 39 ans. Il habite à St Pierre (La Réunion) et possède réellement LE physique du cuisinier... Ce qu'il n'a pas toujours été dans sa vie professionnelle. Tour à tour tatoueur, enseigniste, agitateur, il a, rassurez-vous, une grande expérience dans la cuisine ("La vieille cave" à Algajola en Corse, "Le café de la gare" à St Pierre, "Les sals gosses" à St Pierre, "L'imprévu de St Leu" à St Leu, le "Sushi zen" à St Gilles, chez "Nguyen" à Toulouse, etc.). Fan de sport - devant son écran de télévision - il est surtout cinéphile et nous régale de films divers tous les soirs de la semaine. En quelque sorte, le prolongement naturel des repas du soir...

Notre Didier

En cuisine...

...et à la plage

























Stephen ARCON a 29 ans. Il réside à la Réunion depuis 2007 et, malgré son jeune âge, a déjà effectué une mission sur Kerguelen. Spécialisé en cuisine traditionnelle et semi-gastro, il est excellent en pâtisserie (pour notre grand malheur et au désespoir du toubib qui surveille la balance...). Après un séjour parisien (chez "A&M" dans le 16ème, le club de direction "Sogères" dans le 18ème, à l’hôtel Méridien dans le 16ème), il descend sur Monaco dans un autre hôtel Méridien. Quelques saisons en Corse plus tard, il décide de remonter sur la capitale avant de rejoindre l'île de la Réunion à Petite-île (Palm hôtel) puis St Pierre ("Les 3 brasseurs"). A la différence de son confrère plus extraverti, Stephen est discret et sportif.

Le beau Stephen

En pleine composition gastronomique

Bon, je vous laisse. Il y a un carry poulet ce midi en cours de cuisson. Avec les "graines", bien sûr. Une seule chose manque, le rougail tomate. Difficile sans tomates fraîches. Et oui, vous aviez oublié ? Nous sommes isolés au-delà des 40ème rugissants, sans ravitaillement depuis deux mois. Pour le frais, il faudra attendre mi-décembre la rotation du Marion Dufresne, en priant pour que le temps soit clément et autorise la livraison de quelques vivres fraîches... Mais nous avons le restaurant gastronomique "L'étoile australe", nous n'en sommes pas peu fier !

Restaurant "L'étoile australe"


Soyez "interactif" et n'hésitez pas à laisser vos commentaires ! 

dimanche 16 octobre 2011

KEOPS2


Dans le cadre de la campagne océanographique « KEOPS2 » (Kerguelen Ocean and Plateau compared System), le Marion-Dufresne a fait escale à l’île de la Possession le 15 octobre 2011, de 13h à 16h30.

Arrivée au large de l'île du Marion-Dufresne

Le Marion pose l'ancre dans la baie du marin

























Une fois n’est pas coutume, le beau temps était au rendez-vous. Un soleil resplendissant a salué l’arrivée du navire, une mer calme et très peu de vent ont permis d’effectuer les rotations en zodiac dans la plus grande sécurité.

1ère rotation 

Arrivée des trois nouveaux VSC

Arrivée des campagnards d'été





































L'OPEA de l'IPEV a profité de l'occasion pour assurer une inspection du marégraphe et recueillir des prélèvements d'eau dans la baie du marin.

Mise en place de la passerelle

Arrivée du fret

























A cette occasion, six nouveaux campagnards ont débarqué, trois hivernants (VSC de l’IPEV), deux campagnards d’été (séjour court) et un scientifique de la réserve naturelle des TAAF. Les successeurs de Laetitia, de Pierre-Axel et de Maxime ont été joyeusement accueillis, dans la pure tradition des terres australes.

Le comité d'accueil : JP, PAX, Carole, Laetitia et Robin

Les "cadeaux d'arrivée"

Les nouveaux arrivants, de gauche à droite : Paul BOLOT, Paul TIXIER,  Yves CHEREL, Gildas LEMONNIER, François CRISCUOLO et en bas Franck THERON





samedi 15 octobre 2011

Vous avez dit SAMU ?



Non, pas de SAMU chez nous...
Pouvoir réagir rapidement face à un accident, intervenir médicalement sur place est un impératif dans les bases des terres australes. En effet, le moindre rapatriement sanitaire nécessite une dizaine de jours au minimum, car le transport ne s’effectue que par bateau à partir de la Réunion.
C’est une des raisons pour lesquelles les futurs hivernants se doivent d’être en parfaite santé, avant de partir et tout au long du séjour grâce au suivi bienveillant du médecin de la mission. Celui-ci est tout particulièrement formé avant son départ. Polyvalent (et généralement urgentiste), il acquiert des notions de dentisterie, de radiologie, d’échographie, d’anesthésie, et de chirurgie. Il dispose, pour dispenser son art, d’un hôpital très bien équipé pour répondre à toutes les situations.

Julien, notre "BIBCRO"

L'hôpital de Crozet
Julien, c'est notre ami, notre confident, mais c'est surtout notre médecin. Il possède une grande expérience des terres australes, en ayant notamment effectué plusieurs missions sur le Marion Dufresne (6) avant son hivernage. Auparavant urgentiste à l'hôpital de Montélimar, ce docteur très polyvalent de 32 ans est un amoureux inconditionnel des TAAF. C'est véritablement sa passion... Il connait parfaitement le terrain et personne ne peut mieux nous conseiller sur les dangers de l'environnement.

Mise en PLS

Réanimation cardio-pulmonaire

























L’accident peut survenir n’importe où, en sortie «hors base» comme dans le déroulement de la vie quotidienne à la base Alfred Faure. La formation aux 1er secours est indispensable et obligatoire dès le début de la campagne.

Plaie ouverte avec un corps étranger

Libération des voies aériennes

























On  apprend notamment à mettre la personne en « position latérale de sécurité », à pratiquer une réanimation cardio-pulmonaire, à réagir face à la découverte d’une plaie avec un corps étranger, à intervenir lors d’une obstruction complète des voies aériennes ou à secourir la malheureuse victime d’une amputation traumatique.

Amputation traumatique

Le BIBCRO installe un collier cervical

Pont simple à 4

La fameuse "vévé" mobile du nom de son inventeur local

Pont néerlandais à 4



























































Attelle cervico-thoracique

Les diverse méthodes de brancardage sont également passées en revue, avec exercice de mise en situation (brancard simple, matelas coquille, « vévé » mobile). Le moindre soupçon de choc violent nous impose de mettre en place un collier cervical et éventuellement une attelle cervico-thoracique.

Gaël en assistant médical





























Bilan biologique




















Le matériel est positionné aux endroits stratégiques, immédiatement disponible pour répondre aux urgences médicales.
Dans les cas plus grave, mais aussi en appui dans son activité normale, le médecin dispose d’équipes d’aides à l’hôpital. C’est un confort de travail, qui peut s’avérer essentiel si le médecin lui-même se retrouve accidenté…
Pour cela, notre BIBCRO a formé une équipe médicale en charge de prendre la direction d’une assistance médicale en son absence, d’examiner simplement un patient, de réaliser des radiographies et de les développer, de réaliser un bilan biologique de base et d’assister l’équipe chirurgicale.

L'équipe chirurgicale est prête !

Travail de suttures














Détail d'une sutture         
Une équipe « anesthésie » est en charge de gérer une anesthésie locale ou générale, de procéder à une oxygénation non invasive ou invasive, de faire des prélèvements sanguins et de mettre en place une voie veineuse, et d’utiliser le matériel anesthésique.
Enfin, l’équipe chirurgicale assiste le médecin en cas d’intervention, doit donc savoir s’habiller en stérile, connaître les instruments, savoir poser des points de sutures et poser des agrafes cutanées, être en mesure de confectionner une attelle plâtrée postérieure et un plâtre.
            
Ces formations ont eu lieu du 21 septembre au 12 octobre.
Ils sont prêts !
Si vous aussi vous avez envie d'une expérience hors du commun, tous les médecins sont les bienvenues. Contactez le service médical des TAAF (voir l'onglet recrutement sur le site officiel). N'hésitez pas !

mercredi 12 octobre 2011

Un matin pas comme les autres

Ce matin (le 11 octobre précisément), au petit-déjeuner, les visages de certains hivernants sont souriants mais concentrés. En effet, 3 personnes vont partir pour un périple autour de l'île pour une durée de 12 à 13 jours.
Au-delà de la pérennité de la souveraineté française sur l'archipel, la mission d'une partie du détachement est d'assurer les opérations scientifiques de plusieurs programmes. L'un deux, Maxime LOUBON, doit réaliser à des dates précises des prélèvements, le comptage des éléphants de mer, des papous, des gorfous et des pétrels géants. Pour l'aider dans cette tâche, il doit se faire accompagner par deux "manipeurs" (entendez par là des "aides à la manip" en langage taafien). Pour des raisons techniques d'abord (il est notamment difficile de tenir un gros oiseau tout en le "baguant") mais également pour la sécurité du déplacement. Bien que magnifique, l'île est inhospitalière et sauvage.

07h00 en salle de restaurant
A cette heure matinal, il faut prendre de l'énergie pour une dure journée de marche avec un vent violent et une légère pluie.

Max, le chef de manip
Bruno, un des manipeurs

Une fois l'autorisation de sortie accordée (et pour cette sortie longue exceptionnelle, c'est le Préfet des TAAF qui prend la décision sur avis du chef de district), le chef de manip doit préparer son affaire avec minutie : état de santé de l'équipe (avec le médecin), poids et composition des sacs, moyens de transmission (VHF et iridium), trousse de secours, jumelles, matériels techniques spécifiques, etc. Dans ce domaine, Max est le plus expérimenté de la base.


Préparation et équilibrage des sacs

Benoit en pleine préparation de ses "sandwichs"
Max est l'ornithologue de la base. Mis en place par l'IPEV (l'Institut Paul-Emile VICTOR), il est en poste depuis le 11 novembre 2010 et effectue des sorties au rythme moyen de 15 jours par mois. Autant vous dire qu'il est en forme et qu'il maîtrise son domaine. C'est le chef de manip le plus expérimenté de la mission et j'ai une totale confiance en son jugement et ses réactions en terme de sécurité lors des déplacements. Âgé de 24 ans et originaire de Marseille, il est diplômé  en écologie des environnement perturbés. Son jeune âge ne doit pas vous tromper. Avant de venir hiverner dans les terres australes, il a déjà effectué plusieurs missions à l'étranger, notamment en Roumanie. C'est également un passionné de photographie et je vous invite à découvrir les magnifiques photos de son blog (voir lien dans le site). L'équipe est entre de bonnes mains.

Jean-Jacques, le responsable des communications (BCR) teste la liaison et vérifie la météo
Benoît est un autre scientifique hivernant. C'est notre "benjamin". Âgé de 23 ans, il est originaire de Briey (54). Il est diplômé en biologie (Master II) et à notamment (et déjà !) travaillé sur l'écologie tropicale et les tortues à la Réunion. Très sportif et sapeur pompier volontaire, il a réellement beaucoup d'altruisme, et foncièrement bon coeur. Tout le monde l'adore... Arrivé en même temps que Max, ils se connaissent bien et se complètent à merveille. C'est ça aussi, le succès d'une sortie longue. Madame, nous sommes vraiment heureux de travailler avec votre fils !

Pendant que Jean-Jacques vérifie les moyens de communication et la météo (c'est de sa responsabilité), il faut préciser que la liaison avec les équipes "hors base" est permanente, 24/24 h et 7/7 j. La sécurité est optimale à ce niveau et à chaque vacation radio, matin et soir, et lors de chaque déplacement hors des refuges, la météo est donnée (vitesse du vent, direction et ensoleillement). A ces occasions, l'assistance du médecin de la base est possible.

Bruno pèse son sac
En excellent professionnel, Max fait peser les sacs avant de partir. L'objectif est d'éviter les charges trop lourdes (maxi 20 kg). Le terrain est volcanique, tourbeux et les conditions météo toujours délicates.
Bruno, le dernier des manipeurs est en poste depuis le mois d'août. Âgé de 30 ans (nous avons fêté son anniversaire le 04 octobre dernier), c'est un militaire de l'armée de terre. Maréchal des logis-chef, sa spécialité est le "chaud et froid". En clair, il veille sur la production de chauffage, les frigos et le matériel de cuisine. Tout simplement indispensable. L'exemple de la participation de Bruno vous montre la réelle polyvalence des postes tenus dans les TAAF. Les responsables de programme ne pourraient réaliser leurs opérations sans l'aide de "manipeurs" volontaires. Et les autres ne pourraient tout simplement jamais sortir tant le classement de l'île en réserve naturelle nationale limite et protège l'environnement.

C'est l'heure du départ

A 09h00, Max décide de partir. Il fait sa première vacation radio et donne le départ. Nous leur souhaitons d'excellentes conditions de marche. A bientôt les gars !