samedi 11 mai 2013

Escale du "FLOREAL" à Crozet

La frégate de surveillance "Floréal" de la Marine Nationale a fait escale à la base Alfred Faure de Crozet du 7 au 11 mai 2013. Avec la frégate "Nivôse" et le patrouilleur "Albatros", une de ses missions est la surveillance de la Zone Économique Exclusive des TAAF (îles Éparses et districts austraux). Sur la base de la réciprocité, elle participe aussi à la surveillance de la ZEE australienne (île Heard). Ponctuellement, elle peut aussi porter assistance aux navires de pêche ou effectuer des évacuations sanitaires depuis les districts austraux. Quand elle ne navigue pas dans les eaux froides de l'océan austral, elle intervient dans la lutte contre la piraterie au large des côtes somaliennes et kényanes. Le "Floréal" dispose d'une autonomie en carburant lui permettant d'effectuer un demi-tour du monde. Son armement principal est composé d'un canon de 100mm et de deux missiles mer-mer Exocet, ainsi que d'armes plus légères pour son autodéfense. A son bord on trouve un hélicoptère "Panther" et plusieurs embarcations rapides. Son équipage est de l'ordre d'une centaine de personnes et comportait pour la circonstance trois contrôleurs de pêche australiens.

Le Floréal au mouillage en Baie du Marin le 7 mai.
Le 7 mai en milieu d'après midi, le Floréal est arrivé au mouillage par mer assez calme. Un de ses zodiacs a effectué une reconnaissance du ponton de débarquement qui sera utilisé les jours suivants pour débarquer l'équipage sur l'île de la Possession.

Le Panther sur la DZ de la base
Le 8 mai en début de matinée débutent à la fois les rotations en zodiac et celles de l'hélicoptère, au total ce sont 23 visiteurs, dont le Commandant du Floréal et les trois contrôleurs de pêche australien, qui débarquent sur base. Une cérémonie conjointe est organisée pour célébrer l'anniversaire de la Victoire du 8 mai 1945.

Marins du Floréal, militaires de la base et personnels civils sont rassemblés.

Au premier plan, les sous-officiers des trois armées affectés à Crozet.

Lecture du discours par le chef de district, entouré de son adjoint et du Commandant du Floréal.
La garde d'honneur du Floréal quitte la place d'armes.
Après la cérémonie, un "apéritif républicain" (selon la formule consacrée) est offert à tous, suivi d'un déjeuner. Dans l'après-midi, nos visiteurs pourront découvrir la Manchotière, observer les nids de grands albatros au Bollard ou plus simplement faire des emplettes à la coopérative où à la gérance postale. Quelques uns regagnent le bord en fin d'après midi, mais la majorité d'entre eux apprécieront le confort d'une nuit à terre.
Le lendemain matin, ils quittent l'île de la Possession en zodiac, ainsi qu'une dizaine d'hivernants qui vont visiter le bateau pour la journée. La base Alfred Faure accueillera pour sa part une quarantaine de marins, dont vingt restent sur base pour la nuit. En matinée, l'hélicoptère va rechercher d'éventuels pêcheurs pirates dans la ZEE de Crozet mais ne détecte que le "Cap Horn", palangrier réunionnais.

C'est le 10 mai que les choses se compliquent avec une donnée indissociable de Crozet: le mauvais temps.

Les hivernants attendent le zodiac sous une cascade de pluie froide...
Non sans difficultés, le zodiac parvient a effectuer les rotations du matin, rapatriant à bord du Floréal les vingt marins de la veille, en amenant à terre une vingtaine d'autres et embarquant les dix derniers "crozétiens" pour une visite du bateau.

La passerelle du Floréal et son Commandant, le Capitaine de Frégate Eric Caliendo.
Le Panther dans son hangar
En fin de matinée, le vent forcit à 25/30 noeuds et le Floréal commence à déraper, le rapprochant doucement des falaises et des hauts fonds. La décision est prise de quitter le mouillage devenu instable et de prendre la mer. Ceux des crozétiens qui ne sont pas assommés par le mal de mer (ou les patches pour le combattre) déjeunent à bord, à une vingtaine de kilomètres de la Baie du Marin.
Si la rotation prévue pour l'après midi est supprimée en raison des conditions météo, il reste quand même à récupérer les marins à terre et à rapatrier les hivernants en visite à bord...

Le zodiac étant inutilisable, on ressort l'hélicoptère..
Trois des hivernants repartent en hélicoptère et rejoignent la base après moins de dix minutes de vol. Quelques marins y montent alors mais le poser sur le pont arrière du Floréal s'avère difficile en raison du vent très fort, le bateau doit changer de cap pour faciliter le travail du pilote mais la troisième tentative est la bonne.



Après le retour de l'hélicoptère, c'est l'arrêt des rotations d'autant plus que la nuit approche. Alors que le Floréal devait quitter Crozet dans la soirée pour poursuivre sa mission, il faut se résoudre à reporter au lendemain la reprise des opérations avec la terre. En attendant, les crozétiens montés à bord se retrouvent au "carré" du bord.



Dehors, il a neigé sur les reliefs au dessus de 200 mètres d'altitude.
La Baie américaine vue du large


A l'aube du cinquième jour, la neige recouvre toute l'île de la Possession, comme sa voisine l'île de l'Est. Toujours beaucoup de vent et une mer houleuse...
Le Floréal à l'approche de la Baie du Marin

La base Alfred Faure sous la première chute de neige de l'hiver austral

Après un mouillage peu stable en Baie du Marin (les moteurs doivent pouvoir redonner de la puissance en moins de cinq minutes en cas de dérapage de l'ancre) les rotations en zodiac reprennent.

Retour à terre des Crozétiens
Si monter à bord du zodiac s'avère difficile, la suite n'est guère plus facile: malgré l'habileté du bosco, l'embarcation est secouée par les vagues et ses passagers aspergés d'eau de mer à 4°C. L'arrivée au ponton est toute aussi malaisée mais finalement vers 10h00 chacun a regagné son "chez soi" sans casse.


Le Floréal peut appareiller en fin de matinée.




samedi 4 mai 2013

Sauvetage d'un bonbon

Habituellement, les jeunes éléphants de mer (aussi appelés "bonbons" car ils sont une friandise appréciée des orques) restent sagement en limite des constructions de la Baie du Marin qui les abritent du vent...


Hier, les hivernants de passage en Baie du Marin ont remarqué qu'un jeune éléphant de mer, arrivé par la manchotière, s'est laissé tomber dans le bac de rétention des cuves à fuel.  Incapable d'en sortir tout seul, il serait condamné à mourir de faim malgré ses réserves de graisse.

Un groupe est donc formé le samedi pour mettre en place un solide pan incliné et y diriger l'animal vers la sortie... il pèse environ 250 kg, l'idée est donc de le faire avancer par lui-même le plus possible.


Après quelques efforts, on l'incite à monter sur une solide bâche...


 Le VSC en charge des mammifères marins lui recouvre la tête d'un cache (un sac postal en l'occurrence) destiné à le calmer pour la suite des opérations. Il s'agit d'un animal sauvage, effrayé par la présence des hommes, qui pourrait réagir violemment et blesser un des opérateurs.


Une fois  l'animal aveuglé, il est déplacé par toute l'équipe dans la bâche jusqu'au pan incliné...


Encore un effort....

Ca y est, notre bonbon a retrouvé sa liberté ! 


Pour éviter ce genre d'incident qui survient chaque année, le muret d'enceinte de la fosse de rétention sera, dans les prochaines semaines, surélevé d'une cinquantaine de centimètres à l'aide de bastaings.

dimanche 21 avril 2013

Barbecue à la serre

La serre de la base Alfred Faure a longtemps eu la vocation de fournir de modestes compléments en produits frais, notamment pour la longue période d'hivernage comprise entre mi-mars et fin août, pendant laquelle il n'y a pas de ravitaillement extérieur. Dès le mois de mai, les fruits et autres salades ne sont plus qu'un souvenir...

décembre 2008, lors de ma première visite à Crozet...

Progressivement, les responsables de la Réserve Naturelle des TAAF  (instaurée en 2006) ont cherché à protéger les îles des espèces végétales et animales invasives. Parmi les multiples sources de plantes et de parasites (pucerons, etc) identifiées, se trouvaient les cultures sous serre. Non pas que les tomates risquaient de proliférer partout, mais ces espèces invasives se trouvaient involontairement mélangées  à la terre importée pour ces cultures. La décision a alors été prise, non sans grincements de dents à l'époque, de cesser ces cultures.
L'heure de la reconversion a ensuite sonné: la serre de la base est devenue un lieu de détente, abrité du vent et où il fait généralement très doux.

La serre en avril 2013
Pour célébrer la fin de l'OP1-2013 à Crozet (terme qui désigne le 1er ravitaillement de l'année par le Marion Dufresne) un barbecue a été organisé la serre...

un aménagement intérieur organisé pour la détente !
 L'occasion était d'autant plus belle que des langoustes pêchées dans les eaux du district d'Amsterdam nous avaient été amenées par le Marion-Dufresne!

Mathieu (capuche)  et le Discro à la cuisson des petites mais délicieuses langoustes...



Minh Xuan l'Ecobio et Cécile la manchologue...

Wenceslas (magnéto-sismologue) en tenue estivale

Laurent (électricien) et Yann (chef centrale)

Frédéric (plombier)

Fabrice, le chef de l'équipe infrastructure

Georges AUBIN, ouvrier de l'équipe infra, retrouve là un peu le climat de La Réunion..

Tim (ornithologue), Guillaume (responsable de la logistique) et Claude Henry (ouvrier infra) en position digestive...

jeudi 28 mars 2013

L'OP1 à Crozet

Le Marion Dufresne est venu à Crozet du 20 au 22 mars, pour une opération logistique majeure: ravitaillement en carburant, en vivres frais , en fournitures de vie courante, en matériaux de chantier, en caillebotis pour la traversée des zones humides, etc. Inversement, le Marion Dufresne a embarqué d'importantes quantités de déchets de toutes sortes produits depuis les sept derniers mois (la dernière opération logistique "normale" remontant à fin août 2012). Les volumes et les masses ainsi transférés sont considérables puisqu'ils dépassent 200 mètres cube et 25 tonnes dans chaque sens (hors gazole).
Cette rotation a aussi été l'occasion pour les contractuels arrivés fin août et les campagnards d'été venus plus tardivement (novembre 2012 ou février 2013) de quitter le district. Au total treize personnes ont embarqué le 22 mars tandis que trois contractuels (deux ouvriers polyvalents et un cuisinier) ont rejoint la 50ème mission pour un hivernage qui prendra fin début septembre.
Enfin, le Préfet des TAAF, assisté d'une dizaine de cadres et techniciens du siège réunionnais, a inspecté la base et en particulier les travaux réalisés pendant les derniers derniers mois. Une douzaine de passagers payants a pu  visiter la base Alfred Faure et le site de la Baie Américaine. 
La météo capricieuse des deux premiers jours de l'escale a fait place à un vendredi 22 mars idéal, ensoleillé et sans vent, qui a permis de finaliser in extremis presque toutes les opérations prévues. 
Le début de l'hivernage (avec un effectif de 22 personnes) ne signifie pas toujours l'isolement complet: dès le 26 mars, la base Alfred Faure a eu la visite du palangrier réunionnais "Croix du Sud". D'autres bateaux sont d’ailleurs annoncés dans les semaines et les mois qui suivent....

Une première série de photos de ces trois jours "intenses" aussi bien pour l'équipage du Marion Dufresne (et de son hélicoptère) que pour les personnels de la base:

Des caisses de matériel scientifique sont embarquées à bord du Marion Dufresne
Cédric MARTEAU, directeur de la Réserve Naturelle des TAAF
L'équipe de service à la "DZ" se repose entre deux passages d'hélicoptère
La "portière" remorquée par la vedette du Marion Dufresne ramène à bord un container de ferraille
La zone technique en pleine effervescence: l'hélicoptère que l'on distingue dans le ciel revient tous les trois à quatre minutes chercher une nouvelle charge.
Ici il dépose des caillebotis pour équiper les sentiers humides de Crozet...

L'heure du départ approche: les partants se rapprochent de la DZ, à peine réchauffés par le soleil  déjà très bas sur l'horizon...

Des marins du Marion Dufresne et des agents du siège des TAAF en attente du vol retour
Les campagnards d'été font leurs adieux à ceux qui restent...
Un de nos cuisiniers rentre en métropole après sept mois à Crozet
Au premier plan, Pascal BOLOT, Préfet des TAAF

Les trois contractuels de l'équipe "infrastructure" qui quittent le district, l'un pour continuer sa mission à Kerguelen, les deux autres pour regagner La Réunion.