lundi 24 février 2014

La médecine à Crozet

La base Alfred Faure est un petit village qui dispose de son mini-hôpital. C'est même l'un des plus vieux bâtiments de Crozet puisqu'il a été construit entre 1969 et 1971.

Dans ces lieux exerce depuis novembre 2013 le Docteur Joëlle LUDWIG.
Médecin généraliste depuis une quinzaine d'années, Joëlle est une habituée des Terres Australes et Antarctiques Françaises.




En effet, à 48 ans, c'est son deuxième contrat avec le service de santé des armées (SSA), puisqu'elle a déjà effectué une mission de 15 mois sur l'île d'Amsterdam de décembre 2011 à mars 2013.
Kit d’intervention d'urgence : défibrillateur, collier cervical et sac médical
Dans l'entrée du bâtiment, en face de son bureau, se trouve le kit d'intervention d'urgence, au cas où il faudrait organiser une opération de secours.

Pour venir travailler dans les bases australes, elle a suivi avant chaque départ une formation complémentaire de 3 mois en chirurgie, anesthésie et dentisterie.

En l'absence de spécialistes, Joëlle est seule aux commandes de ce mini-hôpital et doit soigner petits et gros bobos des hivernants, comme ceux des visiteurs de passage, tels que les pêcheurs, les touristes du Marion Dufresne et même parfois des marins des bateaux de la Marine Nationale.

L'hôpital est équipé d'un bloc opératoire, d'un petit laboratoire de biologie, d'un appareil de radiographie....

Un petit laboratoire de biologie et un appareil de radiographie
....et même d'un siège de dentiste.

Toutes photos Serge FUSTER
En l'absence de personnel infirmier, Joëlle a du assurer la formation de volontaires parmi les hivernants, pour constituer des équipes d'assistants médicaux, spécialisés en chirurgie ou en anesthésie. Elle a également un rôle de soutien psychologique auprès de ceux qui le souhaite.
Ce qu'elle apprécie le plus dans ces conditions atypiques d'exercice de la médecine ?
"L'expérience humaine, la spécificité des relations nouées sur les îles isolées, liens intermédiaires entre les liens familiaux et amicaux"

mercredi 19 février 2014

Albatros fuligineux : les photos de Régis et Mike

Les albatros fuligineux inspirent les photographes de la mission 51. Les photos ci-après ont été prises par Mickaël PARISOT et Régis LERQUEMAIN.

Photo MP
Photo MP

Photo MP

Photo MP
Photo RL


Photo RL

Photo RL

Photo RL

Photo RL

Photo MP

dimanche 16 février 2014

Dos clairs, dos sombres : les Albatros fuligineux de Crozet

Pour un observateur non averti, les "dos clairs" et les "dos sombres" se ressemblent beaucoup. Pourtant, les deux sortes d'Albatros fuligineux qui nichent sur l'île de la Possession sont très différentes.
Albatros fuligineux à dos sombre - Photo Serge FUSTER
Albatros fuligineux à dos clair - Photo Mickaël PARISOT
Le dos clair, qui niche sur les falaises Est et Sud de l'île, se nourrit dans les eaux antarctiques alors que le dos sombre (appelé également albatros brun), s'est établi sur la côte nord et fréquentent plutôt les eaux subtropicales.
Dos clair - Photo Serge FUSTER
L'Albatros fuligineux à dos clair est un peu plus grand que le dos sombre. Il pèse de 2,5 à 4 kg pour une envergure de 1,8 à 2,2 m (contre 1,8 à 3 kg et une envergure d'environ 203 cm pour le dos sombre).

Son corps est gris cendré alors que celui du dos sombre est plus foncé. Les parties supérieures brun grisâtre présentent une zone plus claire sur le dos. Son bec noir est bordé d'une ligne bleue sur la mandibule inférieure, alors que celui du dos sombre présente une bordure jaune crème. Les cercles orbitaux sont blancs et interrompus en avant des yeux.

Dos clair - Photo Serge FUSTER
L'Albatros fuligineux à dos clair niche sur les falaises en nids isolés ou petits groupes. Il ne se reproduit qu'une fois tous les 2 ans, et peut vivre plus de 50 ans. Les oeufs sont pondus entre octobre et novembre et les éclosions s’étalent entre décembre et janvier.
Jeune poussin dos clair - Photo Serge FUSTER




Les jeunes de l’année quittent le nid en mai – juin et atteindront leur maturité sexuelle entre 7 et 12 ans plus tard.
Dos clair en approche du nid - Photo Mickaël PARISOT
Photo Mickaël PARISOT

L'Albatros fuligineux à dos sombre construit également un nid élevé pour prévenir les éventuelles chutes de pierres.Tous les 2 ans, la femelle pond 1 seul oeuf qui éclot en janvier.
Timothée POUPART - ornitho du programme 109 - Photo Serge FUSTER

Le poussin est nourri par les deux parents jusqu'en avril, date de son envol.Le jeune albatros fuligineux ne reviendra sur l'île qu'à l'âge de 7-8 ans pour trouver un partenaire de reproduction auquel il restera fidèle toute au long de sa vie.

Ces deux sortes d'Albatros sont menacées par les rats qui peuvent exercer une prédation sur les oeufs ou les poussins.

jeudi 13 février 2014

Paco DECINA : retour sur deux mois passés sur l'île de la Possession

Arrivé le 11 décembre dernier lors de l’OP4 2103, Paco Dècina, chorégraphe contemporain (http://ilescrozet.blogspot.com/2014/01/un-choregraphe-contemporain-en.html) nous donne ses impressions après deux mois passés à Crozet.
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"Depuis mon arrivée à l’île de la Possession, dans l’archipel de Crozet, le temps et l’espace me semblent avoir changé de densité. 
Les cieux, toujours changeants, recouvrent avec leurs nuages lenticulaires, une terre non contaminée, qui semble nous ramener sans cesse, au début du temps, quand la spontanéité brutale et généreuse de la nature n’avait pas encore été apprivoisée. 
C’est dans ce cadre que mes journées se déroulent tranquillement au rythme des vents subantarctiques, qui viennent scander les taches quotidiennes en permettant ou pas, l’aboutissement des activités que nous avons à faire. 

L’île est magnifique, sublime ! J’ai pu me promener sur des sites de rêve, avec des vues imprenables, loin de tout, en accompagnant les différents programmes scientifiques le long de leurs opérations ou « manip », suivant le jargon des districts des TAAF. 



J’ai pu contempler les beautés inlassables de la nature, des animaux sauvages, apprendre leur comportement, leurs habitudes et les différentes approches pour pouvoir les étudier. J’ai pu assister aux travaux de laboratoire, participer aux réflexions sur les différentes méthodes d’éradication des espèces invasives, m’appliquer aux travaux de la vie commune et partager un peu de mes savoirs en proposant des séances de DAO YIN (guider, conduire, diriger et entraîner, attirer, étendre le souffle). 
Ancêtre des actuels QI GONG, le DAO YIN est une forme de gymnastique douce qui permet une prise de conscience progressive de dimensions de plus en plus subtiles du vécu du corps, conçu ici, comme une manifestation lente et lourde de l’esprit. 

Dans ces paysages de rêves je contemple. Mes notes, mes traces, mon journal de bord ne sont que des images vidéo, des photos ou des prises de sons. Cela pour essayer de ne pas interpréter et préserver ainsi un peu de ce mystère qui semble nous habiter lorsque nous nous abandonnons aux mouvements spontanés du souffle de la nature. Je thésaurise ainsi, sans trop vouloir savoir comment tout ce vécu va prendre forme. La graine créative est désormais plantée, il faut juste lui laisser le temps de pouvoir germer."