Et la bonne réponse était : l'incendie du 15 mars 1964. Cet incident, qui eut lieu durant le premier hivernage - les deux précédentes missions étaient des campagnes d'été uniquement - nous permet de mieux saisir ce qu'étaient les conditions de vie et de travail des pionniers.
Voici ce qu'en dit le compte-rendu officiel réalisé par le conducteur de travaux, responsable de la mise en place de l’infrastructure, Jean Léridon.
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| Toutes les photos d'archives ont été transmises par X. Langlet |
Il faut se rappeler que les deux premières campagnes d'été avaient eu
pour but de trouver un lieu d'installation propice, qui fut rapidement
identifié comme le site actuel, situé sur un plateau rocheux
relativement plane et à proximité du meilleur mouillage des îles (récit
d'Alfred Faure à venir dans quelques articles). A ce stade existait donc
encore le camp de base provisoire en Baie du Navire (ou Crique du
Navire*), duquel les matériaux étaient montés par les téléphériques jusqu'au plateau. - souvenez-vous : la piste reliant la base à la BdM fut construite
seulement dans les années 80.
* La Crique du Navire est le vrai nom de ce qu'on appelle aujourd'hui par habitude Baie du Marin (cf. carte IGN), la BdM étant en réalité la Baie allant de la pointe Max Douguet à la Pointe Lieutard, et la Crique du Navire la crique située au niveau des terres.
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| De gauche à droite : Michel Naud (Monteur Téléphériste),
Hubert Schwebel (Chef Cuisinier),
Robert Barron (Mécanicien), Marcel Carrel - de dos - (Menuisier), Claude
Guérineau (Plombier) et Jean Leridon (Conducteur de Travaux) |
Voici l'état du camp de base provisoire le lendemain, le 16 mars 1964, avec de gauche à droite :
- un groupe électrogène détruit
- un container bâché, mais dont le contenu est perdu
- une baraque « Arbec » bâchée, une partie du ravitaillement
qu’elle contenait ayant pu être sauvée
- l’atelier de matériel et d’outillage complètement détruit
- au premier plan, un fût de vin brûlé
Ci-dessous, la bouteille de propane surchauffée
et enflammée, qui a traversé la manchotière comme une fusée pour venir se
planter dans la pente après avoir parcouru plus de 150 mètres.
Et la bouteille d’acétylène qui a explosé
durant l’incendie :
Pour finir, voici le récit un peu plus détaillé qu'en fit 25 ans plus tard le même J. Léridon dans la lettre de l'AMAPOF du 26 juillet 1989 - aujourd'hui AMAEPF, lien à droite dans la page d'accueil du blog.