dimanche 25 août 2013

Du retard dans la rotation du Marion Dufresne (réactualisé mercredi matin)

Le Marion-Dufresne, qui avait quitté La Réunion vendredi 23 août vers 17h00 pour rejoindre théoriquement Crozet mercredi 28 au matin, a du faire demi-tour samedi midi, après une vingtaine d'heures de navigation.   
Il a regagné le Port à 10h00 locales dimanche. Des plongeurs ont examiné la coque et débuté les travaux de réparation. Un spécialiste de la soudure en plongée est attendu ce jour; sa mission sera de fixer une plaque d'acier, par l'extérieur de la coque, sur l'endroit endommagé. L'appareillage vers les districts austraux est toujours prévu pour jeudi 29 ou vendredi 30 en début de soirée (arrivée à Crozet le 3 ou le 4 septembre). Le retour du Marion Dufresne à La Réunion interviendra aux environs du 25 septembre.  Après quoi le bateau ira probablement en cale sèche dans un chantier naval mauricien, pour y subir une réparation plus durable. 

Ci dessous, quelques heures avant ce "faux départ",  les quatre futurs chefs de district devant la passerelle du Marion Dufresne, accompagnés d'un cadre de l'IPEV (à gauche).

(Photo du Journal de l'île de la Réunion)

mercredi 14 août 2013

Manip otaries à la MAE

La "manip otaries" consistait à tenter de localiser le plus possible de jeunes otaries ("pups") parmi les cinquante individus qui avaient été capturés et bagués quelques mois auparavant, sur le site de la "Mare aux Eléphants" (MAE donc),  entre Pointe Basse à la Pointe des Moines, au nord-ouest de l'île de la Possession. Une fois localisé et identifié, chaque animal devait être à nouveau capturé pour être mesuré et pesé, afin de mesurer sa croissance. La population d'otaries dans ce secteur est très importante, et par chance pour les participants, les gros mâles agressifs sont rares en cette saison, laissant les femelles beaucoup plus petites seules avec leur progéniture.


Deux nuits sous tente à la MAE pour les cinq manipeurs, sur le site de l'ancienne cabane.

Otaries adultes à la MAE
Un terrain de travail souvent glissant, où les otaries se déplacent parfois plus vite que les hommes, compliqué par la présence de manchots papous couvant leurs œufs (second plan)... au milieu de l'image, une jeune otarie entourée de deux adultes.
La relève des couveurs chez les manchots papous: mâle et femelle se relaient pour garder leurs deux ou trois œufs au chaud et à l'abri des prédateurs.
L'équipe en tenue de travail: les tenues imperméables, les manchons aux avant-bras pour éviter les morsures, et à gauche la planche graduée servant à mesurer l'animal... (à droite, Tim l'ornitho, Fred chargé des captures, François le Discro à la tête... des otaries, et Laureline notre scribe/sherpa).
Pas de photo des opérations proprement dites: à cinq, tout le monde est occupé et l'équipe essaye de minimiser la durée de la capture, qui reste un moment désagréable pour l'animal. Sachez qu'il faut:

- un "catcheur" costaud pour saisir l'otarie par la queue (souvent après poursuite) et soulever les 10 à 20 kg de l'animal, qui bien sûr est très remuant!
- un volontaire pour lui attraper la tête avec fermeté, sans se faire mordre, et positionner l'otarie sur une planche graduée;
- une fois l'animal allongé sur la planche, il est maintenu en place par un troisième aide, qui lui conserve les nageoires sous le corps, sinon l'animal se démène pour se libérer!
- le responsable de l'équipe procède alors à la détermination du sexe de l'animal, à la prise de mesures et si nécessaire à la pose de bagues sur les nageoires.
- enfin, le "scribe" note toutes les données au fur et à mesure et porte les accessoires (y compris la trousse de secours avec les antibiotiques en cas de morsure).

Tout ceci exige une bonne coordination au sein de l'équipe et parfois beaucoup d'énergie et de détermination.... Les deux-tiers des otaries "cibles" ont pu être retrouvées en deux jours, et il a fallu capturer, baguer et prendre les mesures du dernier tiers pour conserver le suivi d'une population de cinquante individus.

Le trajet pour quitter la MAE ayant été fait sous un timide soleil, je vous en présente maintenant des photos:

La pointe des Moines, géologiquement les roches les plus anciennes de l'île.

La Roche Percée qui fait une centaine de mètres de haut. Le trou n'est pas visible d'ici, par contre en s'approchant en bateau? "Y' en a qui ont essayé, ils ont eu des problèmes" (Chevallier & Laspalès in "C'est vous qui voyez", 1992)

En quittant les hauteurs herbues occupées par les otaries, on arrive sur la colonie de manchots royaux

Vue générale du site (et de la fameuse mare)
La remontée vers le col de la MAE, forte pente redoutée des manipeurs.... La Roche Percée est encore visible en haut à gauche de l'image.

Le passage du col, 350 mètres au dessus de la plage.

Laureline et Cécile (notre "plieuse de nageoires") en haut du col

De l'autre côté du col, vue sur Grande Coulée juste après une petite averse de neige

Plus à gauche, le chemin du retour passera en bas, entre la falaise et les mares.

45 minutes de marche plus tard, vue sur la chaine de volcans qui termine la vallée: on voit le col 600 enneigé, par lequel il faudra passer pour regagner bientôt la base Alfred Faure.
Une dernière pour la route: Laureline subit la mesure sur la planche à otaries!
Crozet Blog Production tient à remercier:
- la maison Décathlon® pour la tente Quetchua™ des filles;
- la maison Guy Cotten ® pour ses vêtements de pluie inconfortables mais protecteurs;
- les chausseurs "Aigle ®" et "Le Chameau ®" pour ses indispensables bottes qui finiront en manchons de protection des avant-bras  ou en chaussures d'arbec;
- la maison Patagonia ® pour ses sous-vêtements thermiques, chers et chauds;
- le programme 109 de l'IPEV pour le scénario de la manip;
- les otaries pour leur sens inné de la cavalcade dans la boue.
Entièrement filmé en décors naturels à Crozet (TAAF) avec un appareil photo numérique Panasonic® Lumix™  DMC FZ-18 déjà obsolète mais toujours vaillant.




mercredi 31 juillet 2013

Ascension du Pic du Mascarin

Le Pic du Mascarin est, avec ses 934 mètres d'altitude, le plus haut sommet de l'île de la Possession. Cela parait modeste, mais partant d'une base située à une altitude de 120 mètres, la dénivelée est quand même de plus de 800 mètres... toutefois elle est assez constante tout du long et l'ascension ne présente pas de difficulté particulière, sauf peut-être sur les dernières dizaines de mètres où l'aide des mains devient indispensable.
Ce n'est pas la première ascension du Mascarin pendant la 50ème mission: une équipe conduite par le "Bib" d'alors était parvenue à son sommet en octobre 2012, mais avec une visibilité réduite à quelques mètres qui avait fait douter les randonneurs de l'atteinte du but.
En ce dimanche matin, les prévisions sont au beau fixe pour la journée: soleil et pas de vent (exceptionnel pour l'hiver crozétien). Malgré la brume qui recouvre la base, le groupe prend vers 8h00 la direction du Mont Branca, au pied duquel le nuage bas laisse la place au ciel bleu.
L'équipe quitte rapidement les itinéraires usuels pour s'aventurer sur l'Arête des Djinns (du nom d'un petit hélicoptère français construit à la fin des années 50 et qui a servi à l'exploration de l'île).

Sur la gauche, le vaste champ de cailloux de la vallée de la Malpassée offre peu d'intérêt. Mais à droite, la vue sur la Vallée de la rivière du Camp et plus loin, la vallée des Branloires, se dégage progressivement (photos prises dans l'ordre chronologique et "cliquables" pour agrandissement):

La partie supérieure de la vallée des Branloires: les "Deux Rouquines" et au fond, le col 600 menant vers Pointe Basse.



Un bref coup d’œil derrière: l'île de l'Est elle aussi émerge des bancs de brume...
L'ascension se poursuit sur l'arête des Djinns.
On dépasse l'altitude du Mont des Cratères (alt. 663m) ce qui permet de voir le cratère lui-même !
Le cirque des mille couleurs, un ruisseau affluent de la Moby Dick et au loin, les caillebotis du transit entre les cols 390 et 600.
De l'autre côté de la crête, encore dans l'ombre et le froid, le Lac Perdu.
A 800 mètres d'altitude, une rencontre inattendue: un Chionis qu'on a plus l'habitude de voir à la manchotière ou autour de la base... 
Quelques centaines de mètres avant le but: un bloc de lave dure fait saillie et offre quelques émotions aux randonneurs! Juste au dessus du groupe de trois, une masse déforme l'horizon nuageux: c'est l'île aux Cochons située à une bonne centaine de kilomètres d'ici et qui culmine à 853 mètres.
Gros plan sur trois de nos "manipeurs" (notez les tenues allégées malgré l'altitude...)
Déjeuner sur le sommet: il est 11h30...
Vue sur la vallée des Géants: un œil exercé y trouvera la Tour Blanche (en haut à droite de l'image) et même le refuge de La Pérouse (point blanc le long du lit de la rivière)
Un dernier regard avant de rentrer sur base : la vallée des Branloires et la Baie Américaine.

Prochain post: "La Mare aux Eléphants"...

samedi 13 juillet 2013

La Midwinter 2013 à Crozet

La Midwinter, dans toutes les bases antarctiques et subantarctiques, se fête le 21 juin, qui correspond à l'entrée dans l'hiver austral et au jour le plus court. C'est une tradition qui semble remonter au début du XXème siècle avec les expéditions de Thomas Cook. Elle est une occasion festive, et se traduit pour les hivernants des bases des TAAF par une semaine de festivités avec un travail en mode réduit...
Pendant cette semaine, la base de Crozet n'est plus dirigé par le chef de district (discro dans le langage taafien) mais par un hivernant élu: le onzecro.
La semaine qui précède cette élection voit donc des partis se monter et proposer des programmes, dont je vous épargnerai le contenu pour vous simplement vous en restituer l'esprit: dégoulinant de démagogie mais rivalisant d'imagination... La campagne électorale voit fleurir meetings, apéritifs gratuits, affichettes et même messages sur la radio locale. Trois partis s'étant déclarés à Crozet, le jour des élections il a fallu organiser deux tours de scrutin, un en matinée et l'autre l'après midi. Il faut dire qu'avec une liste électorale ne contant que 22 inscrits, la chose est vite expédiée.

Le bureau de vote tenu par le discro: le gérant postal tout juste sorti de l'isoloir s'apprête à glisser son bulletin dans l'urne.

Le onzecro, chef de file du parti "GLOUPS", savoure sa nouvelle fonction dont il porte les attributs (l'écharpe tricolore, pas la canette de Heineken)

La Midwinter est aussi une occasion pour les hivernants de cuisiner chaque soir: ici notre plombier à la manœuvre.

Les "vrais" cuisiniers de la base ne sont pas au chômage pour autant !

La réalisation d'un fantasme des hivernants: l'envahissement de la chambre VIP de la base, dite "chambre du Préfet"....

Soirée karaoké...

Ambiance friterie à l'initiative de notre plombier ch'ti..
L'élection de Miss Crozet et de Mister Crozet a donné lieu à une soirée de haute tenue dont la majorité des photos ne peuvent pas être présentées sur ce blog.


Les trois candidat(e)s au titre de Mister Cro et votre serviteur comme présentateur de cette belle soirée...

Voici les heureux élus:

Miss Cro, so glamour....

Mister Cro, tout juste sorti(e?) d'une exhibition à la "Village People"

Probablement une des photos pas montrables !

Méchoui dans la neige: le dernier agneau de Kerguelen passe à la broche...
Notre médecin (au centre) et ses aides s'apprêtent maintenant à opérer le patient !

Concours photo: plusieurs thèmes dont celui des "Fleurs" remporté avec cette composition improbable à Crozet.
Avant le départ de la course de bateaux dans la rivière du Marin

Deux marins d'eau douce... l'embarcation est fabriquée autour d'une bouteille de Ricard.
Soirée casino: la table de la roulette...

Plein aux as !
Voilà, difficile de résumer une semaine de Midwinter en une vingtaine de photos... A très bientôt.